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Forum Tokyo ghoul, basé sur le manga original de Sui Ishida. Avatar du même type en 200*320. Personnage de l'anime interdit à prendre, nous demandons des personnage fictifs car aucun lien avec Ken Kaneki ne sera fait. Cela se passe également à Tokyo.
Nous recherchons davantage de membres pour le groupe de la CCG.
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NOTRE PLAYLIST



1: HORIZON - MIYAVI
2: 「P ♢ S」PALE FLESH - FULL MEP
3: THE PRODIGY - THE DAY IS MY ENEMY
4: RIB - FORTY SEVEN (ヨンジュウナナ)
5: ENTROPY - [SOULS TEAM]

denial (junpei)



 

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denial (junpei)
ON EST EN 2016, CA VA BOUGER CETTE ANNEE !
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La rapidité avec laquelle on faisait appelle aux nettoyeurs depuis quelques semaines avait quelque chose de presque remarquable - et seulement presque. Parce que cet excès de zèle fleurait bon l'envie d'étouffer un degré impardonnable d'incompétence, de rassurer la population d'un quartier faussement tranquille en leur mentant effrontément, tandis qu'il était évident que les alentours n'avaient plus rien de sûrs depuis longtemps déjà. La faute des goules était en général la réponse obtenue et à force d'être prononcée, convainquait-elle encore qui que ce soit? Après tout, se mentir était plus facile qu'accepter la vérité ; mettre sur le dos de ces monstres les morts s'empilant était tellement plus aisé que regarder en face la gangrène de sa propre espèce.

Et il était plus qu'évident que ces gens-là n'avaient pas été tués par une goule.

Arrivés après tout le monde, il ne restait pas grand chose sauf l'hémoglobine saturant l'air, même en ayant déjà séché sur le pavé et les murs de briques. De ce qu'elle en savait, ça avait été un carnage presque propre et méthodique, beaucoup de sang versé (un adulte en contenant bien plus qu'on pourrait le penser) mais rien d'attaché, pas un centimètre de chair manquante. Et bien sur qu'on les avait accusé avant même d'ouvrir l'enquête, ils étaient les monstres après tout, pourquoi en serait-il autrement? Alors un rire secoua les frêles épaules couvertes de toile cirée sombre, dissimulant sa silhouette comme celle de tous les employés, les masques blancs et les gants de caoutchouc venant compléter ce tableau presque inquiétant si tant est qu'un civil viendrait à croiser leur route. Ce qui n'était pas censé être le cas, pas à cette heure-ci, pas alors que quelques officiera encore patrouillaient dans le coin. Good job guys, huh.

Et ils avaient presque l'air de vautours à s'affairer de la sorte dans la ruelle, faisant disparaitre à coup de brosses et produits chimiques les traces d'une humanité décadente, chacun au prise avec ses pensées pour mieux se distancer de tout ça ; parmis les autres elle n'avait rien pour se faire remarquer, sauf un semblant de faim, ou un sursaut d'instinct à chaque fois que l'odeur de sang venait chatouiller ses narines. Rien qui ne saurait lui faire perdre controle ou même la faire saliver, pas alors qu'elle était déjà rassasiée (et de la chair d'un de ses semblables!). Non, c'était là un semblant de torture presque amusant pour elle, l'occasion parfaite de méditer une fois de plus sur l'absurdité de sa propre condition. Jusqu'à ce qu'elle finisse par relever la tête, le travail quasiment achevé dérangé par des pas étrangers. « Se balader dans le coin c'est pas très sûr. Perdu? » Ça avait été soufflé avec un léger amusement dans la voix, deux prunelles claires avisant celles de l'homme qui venait de s'inviter, le masque de protection à présent pendant à son coup. « On peut vous aider, hm? » La vérité, c'était que les autres avaient surtout hâte de rentrer vu les ronchonnements qui s'élevèrent avant d'aussi promptement s'évanouir, couverts par le son des pavés récurés et un « Oublie pas de ranger ton bordel au lieu de flirter avec celui-là, on a un planning à tenir. » Pas qu'elle l'écouta, oh non, ces quelques mots dessinant tout au plus un sourire moqueur sur les lèvres pourpre. Fallait bien se distraire après une dure journée.

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La voiture s’arrêta quelques minutes plus tard. Il faisait gris à l’extérieur, presque noir. Une étrange sensation s’empara de lui, une mélancolie réconfortante qu’il associait souvent aux jours de pluie, mais dans ce cas-ci, c’était un peu le paysage habituel. Il s’allumerait bien une cigarette, mais voilà qu’il avait cessé de fumer depuis trois ans déjà. Il songeait parfois à recommencer, juste parce qu’il aimait la sensation. Cela dit, ce serait donner raison à tous les bienpensants et leurs sermons là-dessus. Il était trop vieux pour se faire disputer par n’importe qui.

Il sortit de la voiture, l’air frais lui emplissant immédiatement les poumons, ce qui l’énervait. Tout comme arriver sur une scène de crime déjà nettoyée. C’était par procédure, rien de plus. Surtout que les attaques de goules semblaient être le quotidien, on en venait souvent à absoudre tous les autres suspects pour rejeter la faute sur celles-ci. Il en était malheureusement coupable et ne cherchait plus à s’en cacher. Le conditionnement, qu’ils appelaient ça. Vêtu de l’accoutrement traditionnel, un trenchcoat gris, il parcourait la scène de crime, cherchant à qui demander des informations. Il s’étonna de constater la rapidité à laquelle ils s’exécutaient. Une tête dans le lot l’interpella plus que les autres avec ces cheveux colorés et le look qui contrastait étrangement avec l’accoutrement qu’elle semblait porter. Il se rendit vers elle inconsciemment, peut-être dans l’espoir qu'on lui serve autre chose que le small talk habituel, pour sortir de l'ordinaire, tiens.

Hah. Aussitôt qu’il s’approcha, il se fit apostropher par la demoiselle, lui arrachant un soupir, puis un faible sourire.

«J’aime vivre dangereusement. Ça me désengourdit l’humanité. Junpei Fujimoto, inspecteur au CCG. Est-ce qu’il reste des morceaux ou bien vous avez déjà tout lavé?»

Il rangea ses mains dans ses poches, les protégeant du froid tandis qu’il se plaça aux côtés de la nettoyeuse. Il regarda autour de lui, cherchant l’ombre d’une tache de sang qu’il ne trouva jamais. Deuxième intervention de la professionnelle.

«Dans tous les cas vous avez fait du bon travail. Je ne veux pas grand-chose. J’ai juste des patrons qui veulent que je leur écrive des mots pour savoir si on ouvre une enquête là-dessus ou non. Vous pouvez m’aider, j’ose espérer?»

Un autre bonhomme interpella la demoiselle avec une phrase digne des meilleurs téléromans, ce à quoi il répondit un simple «Hah. Charmant.» Il replaça ses cheveux –vieux tic servant à démontrer de l’impatience-, avant de s’intéresser encore à la mystérieuse employée.

«Alors, quelle est votre réponse finale? Je suis prêt à dédommager votre temps supplémentaire, aussi. Ailleurs qu’ici, de préférence. Je vous laisse même choisir en guise de bonne foi»
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La politesse aurait voulu qu'elle lui donne son nom en retour, comme tout personne civilisée. Vous savez, cette politesse-là sur laquelle elle s'asseyait joyeusement, replaçant la sincérité par quelques sourires faux et une cordialité feinte, et avec une aisance à en faire pâlir certains. Alors elle ne lui donna aucun nom, simplement un sourire trop placide pour être réellement le sien, suivit d'un hochement de tête. « Que du sang. C'est rare de voir quelque chose d'aussi propre. » Ca avait été soufflé sur un ton égal, et le haussement d'épaule à peine réprimé semblait dénoter d'une nonchalance presque malvenue vu le cadre et la situation. Mais elle pouvait mettre ça sur le dos de l'habitude, depuis le temps qu'elle faisait ça ; à force il en fallait beaucoup pour la choquer, et pour le prouver elle se perdrait à raconter cette fois-là où on aurait cru voir une reconstitution du meurtre de Mary Jane Kelly, quelques détails macabres en plus - personne ne la questionnerait ensuite.

Le fait qu'il annonce être de la CCG de but en blanc ne l'alarma pas le moins du monde, tout juste la goule se retrouva amusée et lassée à la fois, réalisant très vite qu'elle n'avait que trop raison. On avait définitivement blâmé des goules, et c'était aussi pathétique que prévisible, mais définitivement pas inattendu. Par contre, qu'il vienne ainsi leur demander de l'aide, alors qu'ils n'étaient au final rien d'autres que des femmes de ménages pour crimes sanglants, c'était déjà plus étonnant, suffisamment pour piquer sa curiosité.

Et les premiers mots qui quittèrent ses lèvres suite à cela ne furent pas pour l'inspecteur mais pour le vieux râleur l'ayant invectivée, accompagnée d'un rictus moqueur, obtenant promptement quelques rires des autres employés. « J'ai probablement toutes mes chances fringuées comme ça » qu'elle ajouta même, avant de définitivement reporter ses prunelles pâles vers lui. « Ce serait vile de ma part de refuser mon aide à l'un de ceux qui se charge de notre sécurité. » Et l'on décelait presque dans ces mots-là un petit quelque chose de sardonique, ou juste taquin, rapidement mis de côté par un sourire.

La proposition cependant su la rendre pensive, la question du lieu n'étant pas à prendre à la légère. Le plus simple serait de le faire venir chez elle, parce qu'elle vivait proche et qu'elle ne s'en faisait pas trop pour sa sécurité. Cela faisait dix ans qu'elle gardait profil bas, sans jamais se faire remarquer, alors il n'y avait pas de risques de le craindre, non? « C'est trop aimable à vous. Chez moi? Je vis à quelques rues de là, et je préfère être en terrain familier, ne m'en voulez pas. » C'était bien trop poli pour elle, et tellement convenu, mais pas moins amusant, surtout quand il s'agissait de jouer la demoiselle méfiante face à un inconnu. Une soudaine distraction venant s'offrir à elle sur un plateau d'argent, et à la fois un pari risqué, une témérité qui la trahirait surement un jour.

À nouveau invectivée par le patron, elle n'attendit pas immédiatement une quelconque réponse de sa part, ravalant son sourire par la même occasion, s'excusant auprès de lui quelques minutes. Le temps d'aller ranger son matériel pour la soirée, et de retirer cette foutue combinaison à laquelle elle ne se ferait jamais. Et ce fut bien plus à son avantage qu'elle revint vers l'inspecteur, comme à l'accoutumée toute vêtue de noir et de sobriété, les manches de son pull retroussées et le pantalon moulant soulignant ce qu'il y avait à voir - et des talons suffisamment hauts pour compenser une stature lui manquant cruellement. « Désolée pour l'attente. » A nouveau ce sourire en coin et un coup d'œil en sa direction, sa longue crinière colorée libérée de son chignon trop serré avant d'être réarrangée par la demoiselle. « Alors? À moins que vous n'ayez mieux à proposer, évidemment. » Mais elle en doutait fort. « Je m'appelle Rhiannon, au fait. » Et ça lui avait surement demandé beaucoup trop d'efforts.

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Rien de concluant, au final. Pensif, un doigt contre ses lèvres muettes tandis qu’il agençait les pièces du casse-tête dans sa tête. Rien dans tout cela n’incriminait les goules plus que les humains et inversement. C’est ces moments qui lui faisaient apprécier la simplicité davantage. Moins de casse-têtes et de perte de temps. Abdiquant face à une éventuelle conclusion, il laissa son bras retomber mollement à ses côtés. Impuissant face à la situation, il n’avait guère le choix que de s’avouer vaincu et drôlement embêté. Grommelant son mécontentement tout bas, il massa vigoureusement sa nuque, en quête de la suite des choses. «Bon, j’imagine qu’on ne peut rien faire de plus pour le moment.»
On n’arrivera à rien ici, vaut mieux tout laisser tomber.

Le froid le prit soudainement, l’air sec le mordant jusqu’aux os. Il ne put réprimer un frisson avant de frotter ses mains, venant presque à envier l’accoutrement des nettoyeurs par ces temps. Elle fit même une remarque à ses collègues. «À défaut d’être beau, ça a l’air chaud» échappa-t-il par mégarde, regrettant presque ses paroles vis-à-vis sa nouvelle collègue du jour. Il finit par changer de stratégie, plaçant ses mains sous ses aisselles en quête d’un peu de réconfort. Il voulait partir.

Pourtant, ce même agacement caractéristique le dissuada de tout laisser en plan. La peur de l’échec le hantait, l’angoisse de revenir bredouille, de ne pas être à la hauteur. Cette sensation poignante, le mépris des autres, le sien. Il serra les dents. Il lui fallait une piste ou une confirmation, rien de plus. Au moins, elle s’était offerte pour l’aider à remplir des papiers. Il décela peut-être une pointe de sarcasme dans sa dernière intervention, l’oubliant tout aussi vite. Le CCG ne faisait pas l’unanimité et lui-même avait dû essuyer bien pire durant sa pourtant courte carrière. «Vous êtes la bienvenue, mademoiselle. Cela dit, plus vite on est parti d’ici, plus je serai en mesure d’assurer votre sécurité.» Évidemment, ça sonnait beaucoup mieux dans sa tête, mais il ferait avec.

Sa proposition le surpris, suffisamment pour en oublier le reste un cours instant. Ce n’était pas la première fois qu’on lui faisait ce genre de propositions et bien qu’il n’en soit pas très fier, il trouvait le tout beaucoup trop spontané pour se sentir réellement à l’aise. Il écarquilla les yeux quelques instants avant de bredouiller une réponse qui se voulait professionnelle qu’il n’eut pas le temps de dire puisqu’elle s’excusa quelques instants. Il prit le temps de la formuler, de répéter dans sa tête et même de s’imaginer un scénario ou deux avant la représentation finale. Elle revint enfin et il s’exécuta, mais son allure le refit bredouiller comme précédemment. Définitivement, ça changeait de l’uniforme. «Oh, il n’y a pas de problème, mademoiselle Rhiannon. Sinon, pour votre offre, c’est si soudain… Je… Je ne crois pas que nous soyons déjà rendus à cette étape dans notre relation pour ce genre de chose.» Il mit l’emphase sur le mot chose en gesticulant un peu avec les mains. «Cela dit, je tiens à partager un café quand même. Il doit bien y avoir un endroit que vous avez l’habitude de fréquente, non? N’importe quoi. Ensuite je vous raccompagnerai. C’est moi qui offre, pour vous remercier…et pour le dérangement.»

Il n’allait pas commencer à s’inviter chez tout le monde non plus. Surtout qu’il en avait pour trente minutes tout au plus. Non pas qu’il se faisait des scénarios ou quoi que ce soit, mais c’était tout à fait ça. Après tout, il avait des procédures à respecter.

«Sinon, marchons vers chez vous et on arrêtera au premier endroit qui s’offre à nous. J’dois avouer que ces vêtements vous changent un peu. Quoiqu’il y avait ce petit je-ne-sais-quoi tout à l’heure d’assez charmant, je dois avouer…»
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Assurer sa sécurité, hein? L'ironie était de la partie lorsque l'on considérait qu'il était dans les faits bien plus un danger qu'une quelconque figure sécuritaire à ses yeux - réflexion qu'elle garda pour elle, son visage ne traduisant qu'un sourire furtif et un hochement de tête, même si quelques moqueries lui brûlaient les lèvres. Et la vérité, c'était qu'elle se retrouvait à la fois partagée entre le besoin d'étouffer son ennui et le désir qu'il ne reste pas trop proche trop longtemps, plus encore s'il se révélait être plus suspicieux qu'il ne le montrait pour le moment.

Et le voir ainsi bredouiller avait des allures de victoire personnelle, le genre à faire naître un rictus amusé (pour ne pas dire moqueur) sur ses lèvres pourpres tandis qu'elle l'observait s'empêtrer dans ses propres mots et un refus qu'elle trouva bien bancal sans cependant s'en sentir vexée. Bien sûr, c'était fâcheux et compliquait quelque peu son affaire mais définitivement rien d'insurmontable. « Qu'est-ce que vous allez imaginer, hm? » Le ricanement mourut dans l'instant, remplacé par un haussement d'épaules empreint de cette nonchalance qu'elle affichait depuis le début de leur discussion. « C'était simplement une proposition comme une autre, pas de quoi se faire des idées. » Et elle n'en dit pas plus pour l'instant, continuant de marcher à ses côtés tout en récupérant une cigarette et son briquet dans la poche de son manteau. « J'ai emménagé récemment dans le coin, mais on devrait pouvoir trouver quelque chose. » C'était un demi-mensonge, vérité à peine fabriquée ; elle ne vivait que depuis peu de temps ici mais connaissait déjà chaque ruelles - question de survie.

Pour quelqu'un qui refusait l'invitation d'une femme à venir chez elle en prétextant une absence de relation suffisante, il ne semblait nullement avare de compliments, et Rhiannon n'avait pas oublié sa réaction lorsqu'il l'avait vue revenir. « Vous voulez rire? C'est la chose la plus inconfortable et laide que j'ai jamais portée. » La fumée s'échappa en volute en même temps que les syllables, alors qu'elle gardait un œil sur lui, feignant un air pensif qui n'en était pas vraiment un. « Et c'est sûrement le plus étrange compliment qu'on m'ait jamais fait. » Ce fois-ci, un sourire s'afficha, avant de s'effacer tout aussi promptement, désignant de la main la porte d'un modeste café visiblement peu fréquenté. « Passez devant, le temps que je termine ça. » Un regard en coin, suivit d'un clin d'œil. « Promis je vous rejoins. » Et tout à coup la cigarette était le prétexte parfait pour masquer une réflexion nécessaire. A vrai dire, elle pourrait tout à fait le planter là et échapper à tout ça, ou plutôt, elle aurait pu si elle avait menti sur son prénom ; des Rhiannon on en trouvait pas des masses ici et il aurait eu tôt fait de la retrouver. Il était chanceux qu'elle tienne bien trop à sa sécurité et son confort. Sans parler de sa curiosité.

La voilà alors qui finit par le rejoindre une fois la cigarette écrasée, prenant place face à lui et son manteau rapidement retiré. Pas besoin de réfléchir très vite, ce serait café noir et uniquement ça pour elle. « En quoi puis-je vous aider, hm? » Ah pour sûr, il y avait bien des choses pour lesquelles elle pourrait l'aider.

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Une fois à la table, l’inspecteur observa le menu d’un œil discret, regardant surtout d’un coin de l’œil la nettoyeuse qui terminait sa cigarette. Ça devenait beaucoup plus compliqué qu’il se l’était imaginé. Dans les faits, tout était toujours plus compliqué. Immanquablement. Il considéra le menu davantage, arrêtant son choix sur un sandwich et un café. Dire qu’elle l’avait invité chez elle. Évidemment qu’il s’était fait des idées. Non pas qu’il en soit fier, mais dans son plus jeune temps, il accumulait les soirées passées chez un peu tout le monde. Les demoiselles, surtout. Cela dit, maintenant qu’il avait enchaîné les promotions, pouvait-il encore se permettre ce genre de débordements? Il avait trouvé dans le travail cette même chose qu’il cherchait chez les femmes, auparavant. Sans pouvoir mettre le doigt dessus, c’était à peine de quoi garder les pieds sur terre, d’éviter de trop penser. Par souci de transparence au sein de la commission, les deux étaient devenus mutuellement exclusifs, jusqu’à ce qu’il décide à trouver quelqu’un pour partager sa vie.

Elle entre à son tour, s’installe et la serveuse ne tarde pas non plus. Il passe sa commande, se tournant vers elle.

«Vous voulez quelque chose? Je vous l’offre. Pour le dérangement.»

Il attend, mains croisées devant lui et ne s’empresse pas à répondre à sa question. Quelque chose l’embête. Pas dans cette situation spécifiquement, mais en général. Ce n’est pas elle, ce n’est pas lui. C’est simplement étrange. Il tire une légère grimace agacée et relève la tête vers elle, une pointe de surprise dans le regard, se disant que ce serait bien de lui répondre.

«Oh. J’ai besoin de votre verdict pour la paperasse. Un suspect en particulier? Humain ou goule? Ça me sauverait énormément de temps et de va-et-vient chez tout le monde. Vous êtes difficiles à mettre le grappin dessus en général, alors autant en profiter.»

La commande arriva et il prit une première bouchée de son sandwich. Par chance d’ailleurs que cette scène de crime ne lui ait pas coupé l’appétit. L’aurait-elle fait, cela dit? Autant il aimerait croire qu’on ne s’habitue pas à voir la mort en face, autant il devait constater que rien n’est moins vrai. Désensibilisation ou déshumanisation, peu importe le terme employé, il ne réagissait plus de la même manière face au fait de voir la mort ou de la donner. C’était très dommage en soi. Il prit une bouchée. Comment voyait-elle ça, elle?

«Dites…» Il avala. «Ça vous fait quoi d’être confrontée aussi souvent à ce genre de scène? Fascination, curiosité, sens du devoir, ce genre de trucs? Ou bien vous avez arrêtée d’y penser? C’est quand même un cadre de travail qui se veut en marge du travail de bureau.»

Poser la question c’était un peu y répondre, aussi. À voir son style, peut-être que l’homme moyen penserait la même chose. Mais c’était trop facile, ce genre de préjugés. Sans doute trop pour qu’il puisse y faire référence sans éprouver une pointe d’amertume. Il devait y avoir autre chose, après tout.
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Depuis longtemps déjà elle avait cette tendance à afficher un calme qui n'était que factice, une impassibilité feinte et longuement entrainée, de quoi se convaincre qu'elle maîtrisait la situation, quoi qu'il arrive. Elle avait cette nonchalance qui lui collait à la peau, et qui parfois prenait des airs d'impertinence, surtout avec ce sourire-là. Et c'était exactement ce qu'elle afficha en s'asseyant face à lui, l'air de rien. Tout était normal, une discussion banale avec un inconnu. « Un café, noir. Merci. » Il y eut meme l'apparition de fossettes sur ses joues, le sourire toujours plus faux et sonnant pourtant si vrai ourlant ses lèvres carmines.

Et elle attendait sagement, l'air détendu. Elle attendait qu'il se décide à cracher le morceau, qu'elle puisse définitivement repousser ce semblant d'inquiétude qui avait pointé le bout de son nez lorsqu'elle avait mis les pieds dans ce café ; à croire qu'au-delà de l'ennui et le désir de le combler, elle venait de réaliser qu'avoir accepté n'était peut-être pas si fin que ça. Que ferait-elle s'il était plus perspicace que prévu, plus observateur ou tout simplement en possession d'informations qu'elle ignorait? La méfiance se faisait vicieuse et elle n'avait d'autre choix que de considérer ces options parmi toutes les autres se présentant à elle - on ne survivait pas en étant désinvolte.

Son minois pris alors un air pensive, un index tapotant sa propre joue alors qu'elle feignait considérer sa question. Il avait dit quelque chose qui ne lui plaisait pas, sonnait déjà l'alarme de sa suspicion. « Avec un coup de fil au patron, vous auriez pu mettre la main sur n'importe qui d'entre nous, vous savez. » Parce qu'il ne parlait absolument pas d'elle en particulier, n'est-ce pas? « En toute honnêteté, et je suis pas sure que ça vous plaise, mais je pense franchement pas qu'une goule ait fait ça. J'ai déjà vu ce dont elles sont capables et c'était absolument pas comme ça. De ce que j'en sais, ils ont juste été froidement tués, par de tentative de les bouffer ou de parties manquantes. » Un léger soupir, une petite moue vaguement désolée pour la forme. Non, pas besoin d'être un monstre pour tuer de sang-froid.

Elle eut un léger remerciement pour la serveuse avant de récupérer le café encore fumant, fixant le liquide sombre d'un air pensif. Et arriva à ses oreilles une question qui lui tira l'ombre d'un rire étouffé à peine échappé d'entre ses lèvres - une question qu'elle aurait pu deviner avant même qu'il la pose, la connaissant par cœur. Et qu'allait-elle lui répondre, à lui parmi tant d'autres, quelle version de sa vérité mensongère lui servirait-elle? « Oh vous savez, on s'y fait avec le temps. » La version clichée, délavée à force d'être exposée, visiblement. « La plupart du temps, on en voit pas grand-chose au final, juste les restes, une fois les corps débarrassés, les preuves ramassées, c'est définitivement moins impressionnant. » La tasse fut soulevée, portée à ses lèvres et une gorgée avalée ; la chaleur du liquide agréable à n'en point doutée.

Son regard eut tôt fait de se poser sur lui, détaillant les traits de son visage tandis qu'elle reposait ladite tasse, une joue venant se nicher contre sa paume. « Puis, faut bien que quelqu'un le fasse, non? Je pense pas avoir jamais été particulièrement fascinée ou attirée par ça. Plutôt un concours de circonstances : j'avais besoin d'un job, il s'est présenté à moi, rien de plus. » Ses yeux quittèrent son visage pour se perdre sur ce qui les entouraient, finalement attirés vers la grande fenêtre et l'extérieur assombri. « Ne nous leurrons pas, c'est parfois plus difficile que d'autres ; des gens sont morts là où on s'acharne à effacer les traces. J'essaie juste d'un penser le moins possible. » Il y eut même un léger trémolo dans sa voix, le début d'un trouble si bien imité - c'était du grand art, un acte créé avec minutie et main de maître. Ou peut-être était-elle sincère, au fond, tout en se convaincant que ce ne pouvait être le cas.

Toujours était-il qu'elle l'observait à nouveau, ses prunelles pâles le scrutant avec toute l'honnêteté dont elle était capable, si confortable dans son rôle de bonne âme voulant aidé - et c'était dégueulasse de le réaliser, et peut-être qu'au fond Rhiannon se dégoutait aussi un peu. « Est-ce que j'ai le droit d'être curieuse aussi? » Un sourire, une nouvelle gorgé de café. « Qu'est-ce qui vous a poussé à rejoindre la CCG? » Lui aussi devait bien connaître cette question. Et de quel bois était-il donc fait, à quel point son égo l'encombrait-il qu'il en vienne à se désigner bourreau? Elle était curieuse - mais plus réellement amusée.

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Le stress initial était passé, le voilà un peu plus à l’aise. Il avait perdu l’habitude des rencontres, aussi banales soient-elles. Ce n’était vraisemblablement pas un élément du cursus, d’apprendre à fréquenter les gens et si ce n’était que pour combler une solitude un peu trop grande par le passé, le voilà beaucoup moins performant lorsqu’il s’agissait d’interroger les gens. Cela dit, une certaine aise s’était installée, un semblant –du moins, à ses yeux- de respect mutuel qui établissait les bases d’un échange. La curiosité l’avait emporté, des questions sur son travail, sur sa relation avec le fait de voir des scènes de crime continuellement. Tout en mangeant son sandwich qui n’était pas aussi appétissant qui l’eut espéré, il l’écoutait, intéressé. Enfin, pour éviter un quelconque malaise sur ses intentions, il rectifia le tir en précisant.

«C’est que, vous voyez, vos patrons semblent aimer nous faire tourner en rond. Au téléphone, c’est une histoire de transfert d’un département à l’autre. Comme ça, je ne vous laisse pas vraiment le choix et c’est beaucoup plus convivial.»

Car malgré ce qu’on pouvait en penser, le CCG n’était pas bien vu par tout le monde. Même au sein de la population, les goules sont encore considérées comme des légendes urbaines plus que comme une réalité. De ce fait, une telle organisation soulevait bien des questionnements auprès des citoyens et des institutions plus traditionnelles. Un mal pour un bien, selon lui, il était inutile d’inquiéter les gens sans raison. La réponse de Rhiannon lui plut, comme ça c’était réglé d’avance.

«Dans ce cas je vous fais confiance. Je pourrai fermer le dossier selon un avis d’expert. On va éviter d’empiéter inutilement sur les plates-bandes de la police.»

Un crime horrible en soit, mais qui ne le concernait plus à partir de maintenant. Il était soulagé, quelque part, c’était un dossier de moins sur une pile qui ne trouvait pas le tour de diminuer. Une gorgée de café, le voilà qu’il se détendait un peu plus. Beaucoup de sucre et beaucoup de lait, comme il l’avait toujours pris. Il posa son bras sur le rebord de la fenêtre, celle-ci un peu plus basse que son épaule et bien calé sur son siège, il l’écoutait lui raconter son travail. Il se reconnaissait là-dedans.

«C’est fou quand même. L’origine de notre rapport avec la mort, la désensibilisation. C’est un truc tellement personnel et pourtant à en voir comment la société en parle, il devrait y avoir une seule pensée unique. Au final, même si une scène est particulièrement grotesque, j’imagine que ça ne vous empêcher pas de dormir la nuit, hmm?»

Il y avait sans doute une notion d’égoïsme intrinsèquement liée au phénomène. Tant que ça ne nous affecte pas directement. Beaucoup d’hypocrisie, aussi. Combien de fois d’honnêtes travailleurs ont souhaité un accident à leur patron? Il n’y échappait pas non plus. C’était un sujet compliqué, remarquait-il au fil de ses pensées. Quelque chose dont il n’arriverait qu’à tirer du sens le jour où il l’expérimentera à son tour. Il croise les mains devant lui, sur la table, le dos penché vers l’avant alors qu’elle lui renvoyait la question.

«Ah. C’est une question que je me pose également. Vous voyez, je doute avoir une bonne réponse à cette question. En fait, au début c’était pour me sortir de la rue. Les gangs, la vie de petit criminel. Une chance en or pour un voyou de tout recommencer en faisant fit d’un casier judiciaire. Après, c’était parce qu’on me donnait de l’argent pour tuer. Puis vint une période où j’y éprouvais même une sorte de plaisir malsain. L’idée de protéger mes confrères et consœurs, l’endoctrinement, tout ça.»

Il s’arrêta un instant, ricanant doucement devant la puérilité de ses propos. Il poursuivit donc.

«Maintenant ce n’est plus le cas. Je vous avouerai que je ne ressens plus rien à cet égard. Je le fais parce que c’est la seule chose que je sais faire. Je n’aime pas spécialement tuer, vous voyez. D’ailleurs, j’évite de le faire dans la mesure du possible. J’ai une part de responsabilité dans tout ça. Envers plein de gens. Entre nous, je m’attends bien à ce qu’on me rende la pareille un jour. Je suis loin de souffrir d’un sentiment de supériorité, contrairement à d’autres inspecteurs.»

Plus personnellement, il estimait que son travail était accompli déjà. Ce n’était pas une vie idéale et sans doute qu’il avait eu quelques mauvais lancés de dés durant son parcours, mais il avait fait son deuil déjà d’une vie paisible. Entre temps, ça ne l’empêchait pas d’en profiter plus qu’il ne le fallait. Il termina son café avant d’ajouter.

«Quoi qu’il en soit, je vous remercie pour votre aide. Je ne voudrais pas vous importuner plus longtemps qu’il ne le faut, déjà que j’abuse de votre temps libre comme ça.»

Il sourit avant d’interpeller une serveuse pour payer. Une rencontre fortuite, un café partagé. C’était parfois dans les moments les plus éphémères que le mot vivre prenait tout son sens.
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« Vous êtes chanceux que je sois serviable, surtout. » Et si son sourire ne bougea pas d'un poil, la vérité n'était rien d'autre qu'une feinte : la jeune femme n'était pas serviable, pas plus que soucieuse d'aider son prochain, et la plupart du temps elle avait tendance à ne pas rester trop proche des agents de la CCG, question de préservation personnelle. Non, s'il était bel et bien chanceux pourtant, c'était de lui avait tapé dans l'œil et d'être apparu lors d'une soirée lourde d'ennui, rien de plus.

Son regard quitta la silhouette de l'homme pour une fois de plus aller se perdre sur la vitrine et l'extérieur, le ciel presque uniformément assombri, sans l'ombre d'une étoile, lui laissant penser que la pluie arriverait bientôt, si ça n'était pas la faute de la pollution. Et Rhiannon aimait bien la pluie, ça avait quelque chose d'infiniment relaxant - pas comme cette situation. Car si la goule était maîtresse de tous ses moyens et absolument pas en position de faiblesse, son instinct de survie lui disait de rester alerte de ne pas s'installer trop confortablement dans cette discussion prenant le chemin de la casualité. « M'empêcher de dormir? Pas récemment - pas que je m'en rappelle en tout cas. Il faut savoir faire la part des choses entre note métier et nos propres émotions. Se laisser affecter par tout et n'importe quoi n'est définitivement pas viable. » Une pause, un soupir et une mèche colorée chassée de sa vue. « Imaginez que les médecins, urgentistes ou pompiers fassent pareil, plus personne n'accepterait de faire ces jobs-là. Mais je n'irais pas jusqu'à parler de désensibilisation. » Elle n'entrerait pas dans son jeu et ne jouerait pas la carte de l'insensible ne frémissant plus face à la mort ; elle préférait celle de la professionnelle sachant se distancer des évènements.

Lorsqu'il commença à lui parler de ses choix et de ce qui l'avait mené jusque-là, la noiraude du presque se mordre la langue pour ne pas laisser échapper un sourire, très peu intéressée à vrai dire, au-delà de la réponse concise à la question posée. Au lieu de cela, elle récupéra sa tasse, observant le liquide sombre encore chaud, et ne relevant le regard que quelques instants plus tard, hochant simplement la tête en l'écoutant. Et s'il lui affirmait ne pas ressentir quelconque supériorité tout en accusant ses confrères dans la foulée, l'ombre d'un rictus sur les lèvres de la jeune femme vint traduire son scepticisme. Quiconque s'octroyait le droit de vie ou de mort sur quelqu'un d'autre, humain ou goule, et même en clamant ne pas aimer cela, se considérait supérieur à la masse ne partageant pas ce droit. Après tout, si d'immondes criminels échappaient à la peine de mort, pourquoi les goules devaient elles y passer pour la simple raison de leur nature? Hypocrite.

« Loin de moi l'idée de dénigrer ce que vous faites ou le service que vous rendez à la population, je ne peux malgré tout pas m'empêcher d'avoir quelques réserves face à votre façon d'agir - vous tous de la ccg j'entends, pas vous personnellement. Après tout, il semblerait que l'on offre bien plus de chance aux criminels humains, qu'importe l'horreur de leur crime. On s'entend, la peine de mort existe toujours, mais jamais avant un procès. » Détournant le regard, elle croisa celui de son propre reflet, avant de réaliser la pluie tombant. « Et je sais très bien ce que vous allez me dire, que les goules sont dangereuses pour la population, et vous n'avez pas tort. Mais quelque part, je ne peux m'empêcher de me demander si au final, la justice n'existe chez l'humain que pour ses semblables. » A présent, c'était lui qu'elle observait, et peut-être avec trop de sérieux, sourcils légèrement haussés. « Mais peut-être que je me trompe ; après tout je n'en sais pas plus que ce qu'on a pu me dire ou que j'ai entendu. Mais. Vous trouvez-vous juste? » Foutue question, hein?

Le silence lui fit réaliser être tendue, plus que nécessaire vu la situation, lui tirant alors un soupire tandis qu'elle se laissait aller contre le dossier moelleux, fixant ses doigts pianotant sur la table. « Ne vous en faites pas, ce fut un plaisir de vous aider. » Un sourire presque doux tandis qu'elle lui jetait un bref regard, avant de désigner l'extérieur d'un mouvement de tête. « Il pleut. Je ne suis pas sure que vous ayez réellement envie de sortir tout de suite. » Un léger rire malgré le sérieux d'il y a quelques instants. « Sauf si vous changez d'avis quand à mon invitation : elle tient toujours. D'autant que j'apprécie nos conversation. » Et c'était ce qui la ferait surement regretter un jour, cette curiosité soudaine pour lui et ce qu'il avait à lui répondre, et un once d'insouciance qui finirait par lui coûter cher.

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Elle avait un sens critique assez aiguisé. Quelque chose d’assez intéressant trouvait-il, mais une arme relativement efficace entre les mains de quelqu’un avec un bon sens de la rhétorique. Il devrait surveiller ses paroles s’il ne voulait pas être cité à tort. Non pas qu’il soit un partisan de la dialectique lui-même, seulement que le sien était beaucoup moins pointu et se limitait généralement à la surface. Elle avait réussi à le mettre dans un coin avec sa question, si bien qu’il prit le temps d’y réfléchir, ne quittant pas son regard durant le silence qui s’était installé. Prenant appui sur ses mains jointes sous son nez, il parcourait la question, tapotant du pied au même moment. Se considérait-il juste? Il estimait que la question était plus large que ça. Trop, en fait, pour être seulement répondue par l’affirmation ou la négation. Cela dit, s’il devait se jauger dans tout ça, il pouvait difficilement se considérer vertueux. Il termina sa réflexion par un rire bref avant de s’asseoir convenablement sur sa chaise, brisant le contact de leurs regards en prenant sa tasse et observant à quel point elle était vide.

«C’est une bonne question. J’aimerais pouvoir dire que oui et sans pourtant être faux, ce serait uniquement une demi-vérité. Est-ce qu’on demande à un tueur à gages s’il est juste? Peut-être qu’il a un code d’éthique, un code moral ou que sais-je, mais jamais on ne va considérer qu’il est juste. J’ai l’impression que c’est la même chose pour nous. En toute franchise, je crois qu’il s’agit d’une question piège. C’est une situation où il n’y a que des perdants, au final. Dans l’état actuel des choses, du moins.»

La question –et sa réponse- avaient laissés planer une sorte de malaise entre eux qui se dissipa rapidement lorsque vint le temps de quitter le café. Il se leva aussitôt, enfilant son manteau avant d’emprunter avec elle la sortie. Le temps maussade s’était rapidement changé en une averse, le ciel d’un gris noir laissant présager que ce n’était pas qu’une averse de passage. La mine désenchantée par la situation, c’est Rhiannon qui réitéra sa proposition de tout à l’heure. Il ne savait pas trop quoi en faire, d’ailleurs. Si, d’une part, il s’agissait d’un acte réprimandable, elle demeurait toujours une experte de l’affaire qui ne verrait jamais le jour. Il pourrait sans doute faire passer ça comme un rendez-vous professionnel. En attendant que la pluie cesse, cela revenait au même que de flâner dans les alentours, aussi.

«Si c’est le cas, j’accepte de vous suivre. Je n’oserais pas abuser de votre hospitalité trop longtemps, le travail ne diminue jamais. Cela dit, en attendant que cette pluie cesse… eh bien nous dirons qu’il s’agit d’une situation hors de mon contrôle.»

Quelque chose le titillait et ça ne semblait pas être une bonne idée. Du moins, objectivement. Elle l’intriguait, cela dit. Et puis, il se demandait bien à quoi son appartement pouvait bien ressembler.
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La note avait été réglée, et puis qu'il avait (finalement!) répondu favorablement à sa proposition, ils n'avaient au bout du compte plus de raison de rester ici. « Allons-y, dans ce cas. Promis, si on me demande je dirais que vous n'avez pas eu le choix. » Un léger rire et un clin d'œil, une légèreté affichée avec une simplicité déconcertante. Autant le dire, il arrivait souvent qu'elle ne sache plus ou s'arrêterait la sincérité et ou commençait le mensonge : ce genre de situation en était la preuve même.

À défaut d'être réellement plus frais, l'air extérieur avait soudainement cette humidité propre aux soirées pluvieuses ; sa veste ne retrouva pas ses épaules mais se retrouva convertie en parapluie de fortune alors qu'elle faisait signe à son invité improbable de la suivre - elle n'Avait pas menti après tout, vivant réellement à quelques coins de rues d'ici. « Et ce n'était pas une question piège, pas vraiment. Même si je dois reconnaitre que je ne m'attendais pas vraiment à la moindre réponse tranchée. » La vérité, c'était qu'il l'avait presque fait rire, bien qu'elle se soit gardée de la moindre remarque ; la comparaison avec les tueurs à gages n'avait pas été la plus judicieuse, ces derniers cherchant rarement la justice, rien de plus qu'un contrat à honorer. Cependant, elle ne se voyait pas relancer le sujet de suite, oh non, préférant simplement un sourire en coin et un silence qui pour une fois, n'avait rien de lourd ou embarrassant.

Et une fois quelques dizaines de marches d'escaliers gravies, le vieux bâtiment accueillant son domicile ne disposant pas de couloirs intérieurs mais un accès extérieur à chaque appartement, avant de faire une pause. Le regard rivé sur ses doigts, elle semblait soudainement prise d'une étrange fascination pour ses clefs, avant de laisser échapper un rire. « Vous êtes chanceux, j'ai fait le ménage ce matin ; rien de très embarrassant à apprendre sur moi. » La vérité, c'était qu'elle ne se souciait pas de l'embarras, qu'il puisse voir le contenu de son tiroir à lingerie ou une certaine négligence concernant la décoration intérieur importait peu ; par contre, elle avait dû rapidement réfléchir, se demander si rien dans ces lieux ne vendrait la mèche quant à sa réelle nature. Après tout, quand était-ce la dernière fois qu'un humain (membre de la CCG de surcroit!) avait pénétré chez elle?

L'intérieur était tout ce qu'il y avait de plus normal, une décoration d'une certaine sobriété et le tout dans des tons allant du blanc au gris. « Pas de déception, j'espère? » Au sujet de quoi elle l'ignorait précisément, mais par expérience, elle savait que les gens s'attendaient souvent à… autre chose. Et une fois la porte fermée et ses bottes retirées, elle ne s'attarda pas plus longtemps dans l'entrée, abandonnant l'homme un bref instant pour disparaitre dans la pièce la plus proche, et revenir avec une serviette éponge entre les doigts, un sourire au bord des lèvres. « Je n'ai pas vraiment de quoi vous offrir pour vous changer, mais si vous avez besoin de vous sécher, ça devrai suffire. Et faites comme chez vous, ne vous en faites pas. Je reviens. » Et ce fut tout juste avec un sourire, encore, qu'elle l'abandonna à son propre sort une fois de plus, disparaissant vers ce qui devait être sa chambre ; sur le chemin la pluie avait redoublé de force, et autant dire qu'il n'y avait rien de très agréable à garder des vêtements trempés sur le dos. Le sombre et mouillé fut donc troqué contre quelque chose de plus confortable et clair, un jogging et pull fin.

« Un autre café peut-être? » Le naturel avec lequel Rhiannon se comportait malgré une présence étrangère contrastait drastiquement avec les pensées masquées par son apparente hospitalité. Il y avait le doute, et peut-être une pointe de regret ; peut-être que l'avoir emmené ici n'était pas une bonne chose, mais il était cela dit trop tard pour revenir sur ses mots à présent. Au lieu de cela, elle préféra le laisser continuer son inspection des lieux, l'appartement au final possédant une surface certes restreinte mais aménagé de telle façon qu'il semblait spacieux - surtout la partie servant à la fois de salle à manger et salon, accueillant par la même occasion une cage de belle dimension à l'intérieur de laquelle deux boules de fourrures s'agitaient avec une impatience manifeste. « Et pour en revenir à notre discussion d'un peu plus tôt, je dirais que malgré tout aux yeux de la population, vous agissez pour la justice. Ce n'est pas comme si la CCG agissait dans l'ombre, à l'insu de tous. Les gens savent que vous existez. » Lui tournant le dos, le temps de préparer le nécessaire pour un café bouillant, elle finit par se rapprocher de lui, tirant une chaise. « Au final, je doute qu'il y ait vraiment une réponse correcte - juste beaucoup de points de vue différents. » Et son éternel sourire, couplé au regard intéressé posé sur lui, refit son apparition un bref instant, avant que son minois ne se fasse bien plus pensif. « Au final je me demande si l'on aurait pu trouver une autre solution. Je ne m'aventurerais pas à dire meilleure mais… différente peut-être? » Le tout dit avec une candeur magistralement feinte, alors qu'elle n'y croyait pas l'ombre d'un instant.

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