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Forum Tokyo ghoul, basé sur le manga original de Sui Ishida. Avatar du même type en 200*320. Personnage de l'anime interdit à prendre, nous demandons des personnage fictifs car aucun lien avec Ken Kaneki ne sera fait. Cela se passe également à Tokyo.
Nous recherchons davantage de membres pour le groupe de la CCG.
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NOTRE PLAYLIST



1: HORIZON - MIYAVI
2: 「P ♢ S」PALE FLESH - FULL MEP
3: THE PRODIGY - THE DAY IS MY ENEMY
4: RIB - FORTY SEVEN (ヨンジュウナナ)
5: ENTROPY - [SOULS TEAM]

there was a boy, a very strange enchanted boy ✱ rin & gin



 

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there was a boy, a very strange enchanted boy ✱ rin & gin
ON EST EN 2016, CA VA BOUGER CETTE ANNEE !
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there was an enchanted boy

Elle habilla de vert son regard sombre comme la nuit et vide comme un trou noir. Noir comme ton cœur. Regarde-toi. Elle a l'air plus vivante, comme ça, un peu moins creuse, sans doute. Le vert absinthe, ça à l'air plus vif que le noir d'étoile morte. Consciencieusement, elle démêla ses cheveux roux, tenta de dompter cette chevelure flamboyante et toujours en bataille, sans réel succès. Je veux que mes cheveux sentent l'hiver. Elle ferma les yeux, appuya de ses paumes sur ses paupières closes jusqu'à ce que le monde autour d'elle se mette à tourner. Elle inspire profondément, emplit ses poumons de l'air poussiéreux de l'appartement miteux qu'elle habite pour l'instant. Expire. Inspire. Expire. Gin rouvre vivement ses yeux désormais teintés de vert, et enfile un t-shirt blanc. Elle essaye de s'encrer à la réalité pour ne pas succomber à la folie. L'air dans ses poumons. Le contact du tissu contre sa peau. Ces gestes mécaniques qu'elle réalise chaque matin. Ne pas ouvrir la moindre brèche par laquelle la folie pourrait s'insinuer. Enfiler son jean, son manteau, ses chaussures. Je me fagote l'âme, au fond. Froncement de sourcils. Elle est incapable de suivre le rythme de ses pensées, comme si deux mélodies dissonantes se jouaient en même temps dans son esprit. Elle n'avait pas mangé depuis... elle se mit à compter à voix haute, sur ses doigts, le nombre de jour qui s'était écoulé, avant de s'interrompre, réalisant que ce n'était pas une action normale. Elle avait l'impression que plus elle mangeait, plus elle avait besoin de manger souvent, sauf qu'elle n'avait aucune idée du moyen de se sortir de ce cercle vicieux qui gangrenait sa vie, ainsi que son esprit.
Elle quitta l'appartement du treizième par la fenêtre cassée, la porte ayant été condamnée il y a bien longtemps. Le froid mordant fit frissonner sa carcasse vide, malgré le manteau noir qu'elle avait sur le dos.

Gin s'était retrouvée dans le vingt-deuxième arrondissement, sans pouvoir dire en réalité comme elle était arrivée là. Elle ne se souvenait même plus ce qu'elle y faisait, ce qu'elle avait fait pendant les dernières heures. Elle était juste là, debout, dans le froid, à regarder frénétiquement autour d'elle. Se souvenir. Il fallait se souvenir. Sa folie, son cerveau, Thanatos, lui jouaient des tours. Elle devait manger, vite. Elle posa sa main rougie par le froid contre sa poitrine, pour sentir le lent soulèvement de sa cage thoracique, au rythme de sa respiration. Se raccrocher à la réalité, aux valeurs sûres. Elle s'appelle Gin Nakagawa. Elle a vingt ans. Elle vit dans le treizième mais se trouve actuellement dans le vingt-deuxième. Elle ne sait ni lire ni écrire. Elle travaille à mi-temps dans une boutique de masque. C'est ça. Le masque. Dans sa poche, ses doigts froids entrèrent en contact avec le papier rugueux et froissé de la carte qu'elle gardait toujours sur elle. Elle avait livré un masque. Elle regarda l'heure sur sa montre en toc. Seize heures. Elle avait quitté le treizième il y a un moment, déjà.
Lentement, Gin se remit à marcher, tentant de contrer la sensation de profond déboussolement qui l'envahissait. Ne pas céder à la panique. Elle avait déjà vécu de genre de chose, au fond. Cela finirait par passer, par aller mieux. Cela finissait toujours par aller mieux. Son esprit malade serait rapidement captivé par autre chose, alors elle oublierait à quel point elle se sentait perdue.

Cette fois-ci, ce fut une personne. Captivant. Gin le contempla longtemps, de loin, comme on contemple un tableau, le regardant avec envie et admiration comme un être cloué au sol admirerait une étoile. Il dégageait cette beauté subtile de l’être humain, à travers sa peau diaphane, ses cheveux opalescent, ses cils presque translucides et ses yeux d'ambre. Il était différent de tous les autres, embelli mille fois par cette différence qui faisait de lui un être irradiant. Gin, elle n'avait jamais vu quelqu'un comme lui. Abandonnant le sentiment d'égarement qui pesait un instant plus tôt comme un poids sur sa cage thoracique, elle se mit à le suivre, sans se préoccuper d'où pourraient bien la mener ses pas. Ce n'était pas une de ces chasses animales auxquelles elle s'adonnait pour ce nourrir. Non, elle était simplement guidée par sa fascination pour cet homme, marchant quelques pas derrière lui, empruntant les mêmes rues, sans jamais le quitter des yeux.
Un sentiment de panique l'envahit quand, au détour d'une ruelle, Gin se trouva face à lui, capable de rien sinon de baisser les yeux face à son regard impétueux. Prise au piège.

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Il y avait des moments, au milieu d'une affaire particulièrement critique, où Rin Shiori se trouvait absent, dissipé, sans jamais trop savoir pourquoi. Il perdait son flegme habituel et commettait des erreurs. Il devenait inattentif. Nerveux. Ça ne lui ressemblait pas. Naturellement, la progression stagnante de ses enquêtes n'était pas étrangère au problème. La marque rouge restait tapie dans l'ombre, inexplicablement introuvable. Son obsession pour la goule de feu l'empêchait de conduire correctement ses autres investigations. Il n'enquêtait pas convenablement sur la faucheuse. Pas autant qu'il le faudrait, en tout cas … il devait se reprendre en mains. Il ne fallait pas délaisser les goules marginales sous prétexte qu'une d'entre elles était étroitement liée à ses souvenirs d'enfance. S'il ne voyait pas d'avancement dans l'enquête, il devrait peut-être la laisser en stand-by en l'attente de nouveaux éléments. Voilà. Il venait de mettre le doigt sur un os. Elle était là, la couille dans le potage, l'idée qui lui hérissait le poil. La perspective de mettre sa chasse de la marque rouge sur pause après toute cette énergie dépensée, non seulement à la poursuivre, mais aussi à atteindre le rang de première classe, le rendait agité et brouillon. Même absente, cette satané goule parvenait à le contrarier. A lui pourrir la vie.

Changer d'air. Se vider la tête. Rin s'engouffra d'un pas lent dans les larges avenues du vingt-deuxième arrondissement. D'ordinaire bondées, elles semblaient pour l'heure à l'abandon. Le climat rigoureux avait découragé la plupart des piétons. Le vent glacial ne le dérangeait pas outre mesure. Il aimait l'hiver. Il aimait sentir son souffle vif et glacé battre dans son dos, mordre ses mains et entraîner ses cheveux blancs dans une danse fortuite et confuse. Rin s'arrêta. Il arrivait à destination, son appartement se trouvant un peu plus haut dans la rue. Il glissa une main dans la poche de son long manteau blanc et en tira son portable. Seize heures – il avait largement le temps d'étirer sa promenade. Il rangea son téléphone et tourna sur lui-même, balayant les alentours de ses yeux ambres. Les rues étaient toujours aussi désertes. Un couple de personnes âgées marchait à son rythme, leur cabas déraillant à plusieurs reprises sur le sol inégal. Une jeune femme rousse à l'allure vaguement paumée le précédait de peu. Un homme d'affaire pressé disparaissait sur le pas d'un café. Rin pivota et reprit sa marche. L'air froid frappait ses joues et piquait ses yeux.

L'enquêteur erra dans les avenues du quartier, sans autre but que se dégourdir les jambes. Un grand détour le ramena sur ses pas, et c'est à cet instant précis qu'il réalisa ; la rouquine le talonnait encore. Si son trajet avait un sens, Rin pourrait croire à une coïncidence. Mais le hasard n'avait rien à faire dans cette histoire. Aucun doute, elle le suivait, et depuis un moment déjà. Rin reprit sa marche comme si de rien n'était, tout en évitant soigneusement de regarder dans son dos. Il s'interrogea sur les intentions de l'indésirable qui lui collait le train. Option a : une goule le traquait. Oui, comme toutes les recrues du CCG, Rin voyait l'ennemi partout. Une psychose bien ancrée chez les enquêteurs de première classe. Mais Rin mit rapidement cette hypothèse de côté. Les goules – en règle générale – chassaient discrètement et masquées. Elles savaient que le moindre indice sur leur identité les plongeraient dans un merdier inextricable. Option b : une petite frappe en quête de butin. Ç’aurait été un homme, il présumerait d'une agression ; un voyou n'attendant que l'opportunité de glisser un couteau entre ses omoplates. Mais étant donné le gabarit du personnage … quoique, un drogué en manque vous sauterait à la gorge pour un malheureux billet.

Rin maîtriserait la camée sans transpirer une goutte, il n'en doutait pas une seconde. D'abord, il s'assura que la jeune femme lui emboîtait toujours le pas. Il s'enfonça alors dans des ruelles de plus en plus étroites, jusqu'à un virage un peu serré qu'il connaissait bien, pour y avoir tué une goule. Là, il se retourna et l'attendit. Elle arriva face à lui. Rin pouvait lire l'affolement dans son regard. Il croisa les bras, plongeant ses prunelles dans les siennes, avec cet air impétueux qui lui allait si bien. Elle baissa les yeux. Comme une enfant prise la main dans le sac, en flagrant délit de bêtise. Ce n'était pas la réaction que Rin escomptait. Elle ne semblait ni armée, ni sur la défensive. Juste … un peu perdue. Il se détendit. Il espérait une réponse, une excuse, n'importe laquelle ; mais l'inconnue resta muette. Rin l'imita. Pendant trois longues, très longues minutes, un silence pesant persista. Ça aurait pu durer jusqu'au petit matin. Ou jusqu'à ce que le plus impatient des deux ne cède à la pression. Le visage de Rin se para d'une expression désapprobatrice, quand il lâcha sur un ton sarcastique : Ça fait un moment que je te vois sur mes talons. Tu comptais me suivre encore longtemps ?

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there was an enchanted boy

Elle ne s'était pas préparée à devoir lui faire face. Elle devrait fuir, la pauvre folle, mais elle restait là, comme retenue par cette aura magnétique qu'il dégageait. Elle n'avait jamais été fascinée par quelqu'un comme elle était fascinée par cet homme, alors elle se tenait plantée là, les yeux baissés, sans savoir quoi dire, sans savoir ce qu'elle attendait de lui, au fond. Il fallait fuir. Mais elle était presque paralysée, par la peur, ou peut-être par sa prestance, sa présence. Alors Gin attendait. En silence. Elle aurait préféré qu'il dise quelque chose, qu'il lui hurle dessus, menace d'appeler la police, peu importe. Le silence était oppressant, et la tension entre eux presque palpable. Elle attendait qu'il lui parle. Qu'il dise n'importe quoi, par pitié, mais qu'il ne la laisse pas étouffer ainsi dans ce mutisme. Attendre, toujours attendre. Il l'intimidait. Elle avait l'impression d'être un enfant, pris la main dans le sac. Ou alors, d'être un animal, une proie prise au piège. Paradoxal, quand on savait qu'elle était celle qui l'avait pris en chasse.
Enfin, son visage laissa apparaître un air désapprobateur qui, même s'il n'aurait pas dû, la rassura presque. Elle ne pouvait plus, de ce silence.

- Ça fait un moment que je te vois sur mes talons. Tu comptais me suivre encore longtemps ?

Elle réfléchit un instant. Elle n'avait aucune réponse, aucune justification à apporter à ça. Pardon, j'ai des troubles mentaux. Ça comptait comme une excuse ? S'il appelait la police, elle fuirait. Mais elle n'avait pas envie de partir, de le perdre de vue, parce qu'une obsession grandissante pour cette homme commençait à naître en elle, et qu'elle ne faisait rien pour réprimer cette pulsion presque animale qui la poussait à ne pas le laisser se volatiliser. Elle refusait de tourner les talons, de disparaître ainsi, bien que cela soit, dans une telle situation, le mieux à faire. Parce que, déjà, elle avait peur de ne plus jamais le recroiser. Gin ne pouvait laisser le silence s'éterniser encore, parce qu'il partirait. Il fallait trouver quelque chose à dire, lui parler, le retenir. Elle leva vivement ses yeux verts, croisant son regard ambré, sans pour autant se détourner, cette fois-ci.

- Pardon, lâcha-t-elle simplement.

Piètres excuses, lâchées d'un ton plutôt désinvolte, aucunement poli, encore moins désolé. Elle replaça nerveusement une mèche de cheveux roux derrière son oreille. Quand elle respirait, trop vite, des petits nuages se formaient à cause du froid, ce qui détourna son attention pendant une fraction de seconde. Gin se força à se concentrer à nouveau sur l'homme en face d'elle. Parce qu'un « pardon » insolent, ce n'était pas une explication. Elle avait un peu de mal à se concentrer, maintenant. Elle se laissait distraire par le moindre détail, la rouquine, comme un enfant, incapable de penser trop longtemps à une seule et même chose. Un instant, elle se demanda si la cause de ces absences était véritablement la folie qui prenait sa source dans le cannibalisme. Peu importe, finalement.
Un simple battement de ses cils clairs, et il récupère son attention.

- Je vous trouve magnifique.

Phrase prononcée avec le plus grand sérieux du monde. Elle ne le quittait plus des yeux, curieuse qu'elle était de voir sa réaction. Sans doute lui avait-on déjà dit. Mais il était certain qu'il n'avait jamais reçu un tel compliment dans une ruelle, de la part d'une jeune rousse qui le suivait depuis un moment déjà. Pour ponctuer sa phrase, elle osa un léger sourire. Gin, elle se souciait à peine, à l'instant même, de ce dont elle avait l'air, de ce pourquoi elle pouvait passer. Elle était trop distraite pour ça. Elle replaça encore une fois sa mèche rousse derrière son oreille, sans cesser de sourire, et sans non plus le quitter des yeux.

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La femme à la chevelure flamboyante s'excusa. Pardon osa-t-elle demander. Elle n'exprima aucun regret, comme si le suivre était une maladresse équivalente à, disons, lui marcher sur le pied ou voler sa place de parking. Elle ne semblait pas saisir la gravité de son comportement. D'ailleurs, pouvait-on qualifier ce mot d'excuses lorsqu'on l'employait avec autant d'indifférence ? L'intonation de sa voix sonnait faux. Elle le faisait pour la forme, sans effleurer la surface du problème. Rin fixa la rouquine avec insistance. Il l'analysa en détails, qui sait, cet effort permettrait peut-être à l'enquêteur de mieux cerner le personnage. Il scruta d'abord ses cheveux roux, longs et farouches, qui retombaient sur ses épaules de façon disparate. Sa peau claire rivalisait presque avec le teint blafard de Rin ; les tâches de rousseurs éparpillées sur son visage en intensifiaient la blancheur. Deux grands yeux d'un vert envoûtant l'illuminaient, brillants comme des émeraudes. Il releva aussi de nombreux tocs. Elle avait cette manie de ramener ses cheveux derrière ses oreilles, et son regard s'égarait fréquemment, les yeux perdus dans le vague, comme si elle peinait à canaliser son attention sur le présent. La vapeur condensée qui se dispersait dans l'air froid à chaque expiration indiquait un souffle irrégulier. Elle n'était clairement pas en possession de tous ses moyens.

Arrivé à la conclusion que, l'origine de son état de désorientation était une bonne dose d'acides, il lui flanqua l'étiquette de junkie et perdit tout intérêt pour la rouquine. Monsieur n'avait pas de temps à consacrer aux drogués. Monsieur avait bien mieux à faire de ses après-midi que d'accompagner des jeunes paumés dans leurs trips quotidiens. A moins qu'elle se mette à convulser au milieu de cette ruelle, là, tout de suite, il n'aurait aucun remord à l'abandonner à son sort. Quand elle finit par reprendre conscience et complimenta son physique (il était magnifaïk idk), Rin haussa un sourcil. Il était, ma foi, moins étonné que consterné. Perplexe, peut-être. Toi, tu m'as l'air sacrément à l'ouest. répondit-il avec suffisance. Il posa sur elle un regard blasé. Il hésitait à contacter le commissariat du coin. Elle ne paraissait pas dangereuse. Bizarre, certes. Inquiétante, très certainement. Mais pas hostile. Inutile d'impliquer plus d'agents dans cette affaire. Et puis, euh, comment dire … Rin avait sa fierté. Un inspecteur du CCG, réclamant l'assistance des forces de l'ordre pour maîtriser une petite rouquine toute maigrichonne ? No way. Il préférait encore la laisser rôder dans son sillage jusqu'à ce qu'elle s'en lasse. Il pourrait également la conduire lui-même jusqu'au commissariat et leur remettre le colis en mains propres. Ce qui, admettez-le, représentait quand même une sacrée perte de temps.

Une bourrasque glacée s'engouffra dans la ruelle et souleva ses cheveux blancs. De fines mèches opalines se rebellèrent et fouettèrent ses joues, et les pans de son manteau s'envolèrent sur le même pas de danse. Rin dégagea son visage d'un revers de main. Je vais te le dire clairement car j'ai comme l'impression que tu as de gros problèmes de … concentration. reprit le jeune homme sur un ton légèrement condescendant. Il se rapprocha d'elle et s'inclina pour arriver à sa hauteur, collant son visage tout près du sien. Leurs nez se frôlèrent. Pendant un court instant, le vent s'intensifia et entraîna leurs chevelures dans une valse endiablée, le rouge et le blanc se confondirent avant de se séparer, retombant chacun de leur côté. Il la regarda droit dans les yeux. Ses iris ambrées se noyèrent dans l'océan de ses magnifiques yeux verts. Il était tout proche. Elle ne voyait que lui. Parfait. Ainsi, elle ne risquait pas de se laisser distraire, et Rin ne perdrait pas son attention. Ne. Suis. Pas. Les. Gens. articula-t-il en détachant soigneusement chaque syllabe. L'enquêteur marqua une pause pour donner à la rouquine le temps de digérer l'idée. Il se redressa ensuite et, d'un pas rapide, la dépassa pour rejoindre la rue principale.

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- Toi, tu m'as l'air sacrément à l'ouest.

Elle n'avait, finalement, rien à répondre à ça. Il avait l'air ébahi, d'abord, puis totalement désabusé. Il n'avait certainement aucune envie de se confronter à une rouquine complètement à côté de la plaque, qui elle-même ne savait pas vraiment ce qu'elle faisait là, et pourquoi elle disait ces mots, comme s'ils jaillissaient de ses lèvres roses sans qu'elle ne puisse les contrôler. Gin, elle restait plantée là, supportant son regard incrédule et clairement dédaigneux. Et au fond, elle se fichait un peu de la manière dont il pouvait bien la regarder, trop absorbée qu'elle était par la contemplation des battements de ses cils blancs, de ses iris d'or, de ses cheveux blancs emmêlés par le vent. Elle commença pourtant à se tordre les mains nerveusement, sans y faire vraiment attention. La froide bourrasque qui s'engouffra dans la ruelle la glaça jusqu'aux os, et un long frisson agita son corps frêle. Des mèches orangées virent barrer son visage blafard, et alors qu'elle réordonnait frénétiquement sa chevelure, sa voix résonna à nouveau.

- Je vais te le dire clairement car j'ai comme l'impression que tu as de gros problèmes de … concentration.

Pendant un instant, elle ne comprit même pas de quoi il voulait parler, ni même où il voulait en venir. Puis quand il s'approcha d'elle, elle se figea, les muscles tendus, le cœur battant bien trop vite. Elle se sentait comme une proie apeurée. C'était d'un ridicule. Sur le moment, elle se trouva pitoyable, avant que son attention ne soit détournée par leur nez qui se touchaient presque, par ses prunelles jaunes plongées dans ses yeux verts. Elle aurait voulu se détourner, se détacher de ce regard ambré. Mais elle était, au fond, aussi captivée qu'elle était gênée. Ses cheveux de neige effleurèrent un instant sa peau parsemée d'éphélides. Elle frémit à ce contact. Avec une telle proximité, Gin ne pouvait qu'être suspendue à ses lèvres.

- Ne. Suis. Pas. Les. Gens.

Gin déglutit. Elle assimila lentement chacun des mots prononcés par l'homme, qui articulait comme s'il parlait à une demeurée. Puis il se redressa, et disparut. Elle resta debout, seule dans la ruelle, pendant quelques secondes qui lui parurent une éternité. Ses cheveux roux dansaient au vent alors qu'elle se tenait là, soufflée par la sécheresse de ses propos.

Puis elle se retourna brusquement, et rejoint la rue principale en courant presque, emboîtant le pas à l'homme qui venait de s'évanouir en un instant. Gin ne tentait plus de camoufler le bruit de ses rangers qui claquaient contre le goudron, non, elle le rattrapa simplement, s'agrippant à sa manche dans un geste presque désespéré, comme on s'accroche à une bouée de sauvetage. Elle ne voulait pas qu'il disparaisse déjà, qu'elle ne puisse plus jamais revoir ses yeux dorés et ses cheveux opalescents. La rouquine tenta d'abord de remettre ses pensées en ordre, d'écarter les voix qui susurraient à son oreille, de concentrer à nouveau ses idées et préoccupation en un flux régulier et continu. Conserver sa lucidité. Ne pas laisser la folie prendre le dessus. Sa respiration se calma, reprit un rythme plus lent, plus régulier, dessinant toujours dans l'air des petits nuages de vapeur.

- Excusez-moi, amorça-t-elle. Je suis vraiment désolée.

Tout son insolence s'était dissipée, laissant place à une voix véritablement accablée, presque suppliante. Elle replace à nouveau un mèche de cheveux roux derrière son oreille, puis baisse le regard, fixant piteusement ses pieds.

- En fait, je... Je suis perdue, je ne sais pas comment rentrer chez moi, continua-t-elle. Je suis venue ici pour livrer quelque chose, et puis je me suis égarée, alors je vous ai vu et puis...

Gin avait relevé vers lui ses yeux d'un vert émeraude. Elle espérait qu'il l'aiderait au moins à retrouver son chemin. Elle fourra ses mains rougies par le froid dans ses poches, et ses doigts entrèrent en contact avec le papier froissé de la carte. Elle était désormais inutile, puisque Gin n'avait plus aucune idée de l'endroit où elle se trouvait, et était parfaitement incapable de lire le nom des rues. D'un côté, elle avait ainsi une véritable excuse pour continuer à parler à cet inconnu hypnotique, et de l'autre, elle espérait qu'il saurait la guider, ou au moins lui indiquer la direction qu'elle devait prendre pour retrouver un endroit connu. Le froid se faisait dévorant, teintant de rose ses pommettes et le bout de son nez. Elle essayait de se focaliser sur l'hiver glacial, sur ce lieu inconnu, sur n'importe quoi, pour ne pas se perdre à nouveau dans la contemplation de l'inconnu.


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Il longea les ruelles à grandes enjambées jusqu'à regagner l'allée principale. Il ne se retourna pas. Il avançait d'un bon pas, motivé par son envie de distancer la junkie avant qu'elle ne reprenne ses esprits. Après sa dernière tirade et compte tenu de l'état d'humiliation vexante dans lequel il l'avait laissée, Rin l'imaginait trop contrariée pour se lancer à sa poursuite. Il se trompait. Des bruits de pas précipités retentirent dans son dos. Soudain, il sentit un poids sur son bras gauche. L'albinos tourna la tête et avisa la rouquine suspendue à sa manche, les doigts cramponnés au tissu de sa veste. Encore elle. Ses sourcils se froncèrent tandis qu'elle s'excusait une fois de plus. excusez-moi, je suis vraiment désolée. insista-t-elle. Ce coup-ci, il nota un fond de sincérité dans sa voix, une inflexion presque suppliante. Il se demanda même pendant une fraction de seconde si elle n'allait pas se mettre à pleurer. Oh non. Rin ne savait pas réconforter les gens. Il pouvait faire preuve de compassion (dans certains cas très spécifiques) mais il ne trouvait jamais les mots justes pour soulager leur peine. D'ordinaire, ses paroles de soutien se limitaient à quelques formules sévères du style 'sois un homme' ou sa version longue 'est-ce que tu me vois chialer moi ? non, alors sois un homme'. Est-il bien utile de préciser que le taux d'efficacité de ces encouragements minables approchait du zéro ? Faute de succès, Rin finissait toujours par s'éclipser en flanquant le problème dans les pattes du premier venu.

S'il ne voulait pas être l'homme qui la consolerait, la meilleure solution restait encore de ne pas la faire pleurer du tout. Pour ça, il suffisait que Rin arrête de se comporter comme un odieux connard. C'est ainsi qu'au lieu de secouer violemment son bras pour en déloger cet encombrant bout de femme, l'enquêteur se contenta de doucement décoller la main agrippée à sa manche et de la relâcher dans les airs. je suis venue ici pour livrer quelque chose, et puis je me suis égarée, alors je vous ai vu et puis … reprit la rouquine avant de laisser sa phrase en suspens. Elle montra des yeux pleins d'espoirs. Il leva les siens au ciel. … et puis tu t'es dit que ce serait une bonne idée de me coller le train. lâcha Rin sans rien cacher de son agacement. Manifestement, se tenait face à lui la pire livreuse du monde, qui était non seulement capable de se perdre au beau milieu du vingt-deuxième dans un état stone, mais aussi sans gps ; que pouvait-elle bien livrer, il se posa la question … probablement le stock de son dealer.
je suis curieux. reprit Rin sur sa lancée, inarrêtable. ton objectif, c'était quoi exactement ? me talonner jusqu'à l'autre bout de tokyo en priant pour que je te conduise en territoire connu ? dans le genre plan foireux, ça se pose là.
Il la gratifia d'un sourire en coin, un rictus qui se voulait clairement méprisant. Ah ça, il pouvait être fier de lui … ses bonnes résolutions – ndlr ; améliorer sa conduite pour éviter que la jeune fille ne fonde en larmes – s'étaient visiblement perdues dans l'immensité de son ego surdimensionné.

Rin n'était pas stupide, loin de là. Il prit rapidement conscience qu'il dépassait les bornes. Son air supérieur se transforma en gêne et il passa les trente prochaines secondes à chercher comment rectifier le tir. Il pourrait commencer par s'excuser. Mais cela reviendrait à avouer un tort. Il détestait avoir tort. Ses réflexions étaient certes dédaigneuses, mais elles n'en restaient pas moins vraies. Après maintes réflexions, il opta pour un je suis désolé, moi aussi. qui lui arracha la bouche comme s'il avait mordu à pleines dents dans un oursin. j'ai été un peu trop méprisant. ce n'était pas mon intention. confessa Rin. Les mots lui restèrent un moment en travers de la gorge. Un malaise s'installa. Ses iris ambres vagabondèrent dans les parages à la recherche d'une échappatoire et leurs yeux fuyants se croisèrent, un peu par hasard. Il y lut de la détresse, peut-être même de la déception ? Finalement, ce fut un sentiment de culpabilité qui le poussa à aider la junkie. Il plongea une main dans sa poche et en sortit son smartphone.
ok. tu habites où ? demanda l'albinos en pianotant sur le clavier. Il ouvrit une application de géolocalisation et attendit les indications de la rouquine pour y saisir son adresse. je te préviens tout de suite, si tu me réponds *quelque part* ou *je m'en souviens plus*, je te laisse plantée là. ajouta-t-il sur un ton catégorique. Ses yeux quittèrent provisoirement l'écran de son portable pour lui adresser un regard méfiant.

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Il avait lentement décollé la main de la rouquine, dépliant doucement les doigts clairs accrochés à son manteau, la guidant pour la relâcher dans le vide qui les séparait. Gin n'aurait su dire si ce geste cachait, au fond, un profond dégoût pour sa personne, ou alors une tentative maladroite de délicatesse. Une chose était sûre, cependant, c'était que sa déclaration ne le touchait point, et qu'elle n’obtint de lui qu'un mépris certain démontré par ses yeux dorés qu'il levait au ciel.

- … et puis tu t'es dit que ce serait une bonne idée de me coller le train.

Gin lui offrit un sourire désolé. Elle ne pouvait pas ajouter grand chose, et certainement pas lui parler de ce colis qu'elle avait dû livrer plus tôt dans la matinée. Elle ne pouvait pas non plus sortir son plan, pour lui expliquer joyeusement qu'elle avait dans la poche un moyen de se repérer, mais qu'il lui était parfaitement inutile vu qu'elle ne pouvait pas lire le non de la rue dans laquelle elle se trouvait. En plus, son plan était couvert des dessins qu'elle avait fait à l'aller pour se repérer. Dessins relativement inutiles dans sa situation, au final. Il y avait ce grand arbre qu'elle avait aperçu dans un jardin, la maison aux volets bleus, et ce genre de détails qui sortaient de l'ordinaire qui ne pouvaient servir qu'à lui indiquer, au retour, qu'elle était sur la bonne voie. Mais au final, elle s'était détournée de son chemin préconçu, Gin. Elle ne saurait dire si elle s'était perdue pendant ce temps de blanc, dont elle ne gardait même pas un vague indice pouvant lui révéler quel chemin elle avait emprunté. Ou alors, elle s'était détournée de sa route au moment où elle avait rencontré cet homme magnétique, trop obsédée par ses yeux d'ambre et ses cheveux d'argent pour faire attention aux rues dans lesquelles elle marchait. Elle avait oublié, encore une fois, ses souvenirs précis s’étant évanouis pendant ce temps de flottement où ils s’étaient confrontés.

- Je suis curieux. Ton objectif, c'était quoi exactement ? Me talonner jusqu'à l'autre bout de Tokyo en priant pour que je te conduise en territoire connu ? Dans le genre plan foireux, ça se pose là.

En vérité, ce n'était pas du tout ça. Non, elle l'avait suivi parce qu'elle en avait envie. Elle se souvenait vaguement qu'elle se sentait déjà terriblement perdue, à ce moment là. Elle ne saurait dire si elle l'avait épié pendant si longtemps véritablement dans l'espoir qu'il la ramène à la frontière invisible entre le treizième et le vingt-deuxième ; ou si elle l'avait fait parce qu’elle s’était naïvement laissée charmer, perdant son point d’ancrage avec la réalité au point de le suivre sans plus se soucier des conventions. Ses souvenirs s’effritaient lentement, comme des grains de sable balayés par le vent ils s’échappaient de son esprit tortueux. L’homme arborait un sourire méprisant qui tenait plus du rictus, la toisant de sa haute stature. Elle se sentait petite, frêle, face à celui qu’elle avait suivi pendant un temps  qu’elle ne saurait compter, pendant ce qui était une éternité, ou un fragment de seconde.
Ce mépris qui perçait dans son regard, Gin s’en préoccupait à peine. Parce qu’il s’était arrêté, il s’était retourné, il la regardait elle, seulement elle, toute entière, il ne détournait plus le regard. Il la regardait, peu lui importait si c’était avec mépris ou bienveillance. Il ne fuyait plus, non. Il la regardait.

- Je suis désolé, moi aussi.

Gin avait levé vers lui des yeux interloqués. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il lui présente platement des excuses à son tour, mais elle n’était pas sûre de savoir ce qu’elle pensait vraiment. Tout allait un peu trop vite, dans sa tête.

- J'ai été un peu trop méprisant. ce n'était pas mon intention.

Elle secoua vivement la tête pour lui signifier que ce n’était pas de sa faute. Malgré son esprit embrouillé, elle commençait à se rendre compte que son comportement était irrationnel, exagéré. Totalement fou. C’était illégal, ce qu’elle avait fait ? Elle commençait à avoir mal à la tête, Gin, tentant désespérément de suivre le fil de ses pensées qui vagabondaient, qui lui échappaient à chaque instant. Il avait l’air terriblement mal à l’aise, avec son regard ambré qui fuyait celui de la rouquine. Elle ne détournait pas le regard de son visage, elle, pleine d’espoir. Elle tentait de se focaliser sur lui, de ne pas se laisser déconcentrer par une nouvelle futilité. Elle était irrémédiablement attirée par les choses éphémères du quotidien, admirant chaque détail avec un émerveillement enfantin. Les nuages qui emplissaient le ciel, blancs et cotonneux. Les arbres morts dont les branches dansaient au vent. Elle essayait pourtant de rester focalisée pour lui. Il se forçait à s’excuser, malgré le coup de poignard que c’était dans son ego. Gin n’allait pas en plus lui donner l’impression qu’elle s’en fichait, ou pire encore, qu’elle se moquait de lui.

- Ce n’est rien, répliqua-t-elle simplement avec un sourire qui se voulait doux.

A la grande surprise de la rouquine, l’albinos sortit son smartphone avec l’intention manifeste de l’aider à retrouver son chemin. Elle était presque gênée par cette soudaine attention qu’il lui portait, plus que surprenante à ses yeux.

- Ok. Tu habites où ? Elle fronça d'abord les sourcils, sans savoir quoi répondre. Je te préviens tout de suite, si tu me réponds *quelque part* ou *je m'en souviens plus*, je te laisse plantée là.

Elle balbutia vaguement, incapable de répondre au tac au tac. Elle n'avait aucune réponse à lui donner, au final. Parce qu'elle ne s'attendait pas à une telle situation - la technologie, elle en était relativement détachée - elle était incapable de trouver une réponse automatique, alors que son adresse, c'était le genre de chose qu'elle devrait être capable de donner de manière mécanique. Elle hésita d'abord à donner l'adresse de la boutique, puis se rétracta au dernier moment, de peur qu'il se montre soudainement courtois au point de l'y accompagner. Au vu de son odeur, c'était un humain. A la beauté transcendante, mais un humain quand même. Son patron préférait que la boutique - aucunement officielle - reste relativement secrète. Parce que les boutiques de masques tenues par des humains ne courraient pas les rues, et rien ne hurlait plus leur situation que cette boutique clairement destinée aux goules, avant tout. Alors Gin ne pouvait pas risquer d'y mener un humain. Elle se demanda ensuite si elle pouvait inventer une adresse, mais ce n'était pas le cas, la machine magique révélerait immédiatement la supercherie. Et comme il l'avait prévenue, il était trop tard pour refuser, donner une réponse vague. Alors pour se protéger - ou le protéger, ramener un humain qui attirait autant le regard dans un coin à goule, c'était un appel au meurtre - elle décida de jouer la carte du malaise. Une gêne feinte mais qui, à ses yeux, serait le seul moyen de se sortir du piège qui se refermait sur elle.

- Oh euh... je ne veux pas trop vous déranger non plus, si vous pouviez m'indiquer le treizième arrondissement, je serai capable de retrouver mon chemin ! déclara-t-elle finalement, avec une voix un peu gênée et un sourire piteux.

Elle avait buté sur le "m'indiquer", hésitant un instant avec "me guider". Elle ne voulais pas qu'ils se séparent dans quelques minutes, pourtant, le forcer à la raccompagner jusqu'au treizième serait contraire avec cette volonté de ne pas le déranger qu'elle exprimait. De ses yeux émeraude, elle le fixait sans détour, suspendue à ses lèvres une fois encore. Il l'hypnotisait à nouveau, par chaque geste, chaque tressaillement de sa voix grave. Elle n'attendait rien d'autre que sa réponse, pour l'entendre à nouveau s'adresser à elle, rien qu'à elle.


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Il abaissa le smartphone serré entre ses longs doigts blancs, son regard inquisiteur toujours fixé sur cet étrange brin de femme. Elle était désorientée. Perdue, de son propre aveu. Comme un navire égaré en pleine mer, elle naviguait à l’aveuglette, sans boussole ni gouvernail, mais plus aucune aiguille n'indiquait le nord dans sa petite tête aux rouages ensablés et, sans point de repère, elle avançait timidement au cœur de la tempête. Malgré sa détresse apparente, elle rejeta l’aide de l'enquêteur ; elle ne voulait pas le déranger pour des broutilles. Telle fut la raison avancée par la rouquine lorsqu'elle indiqua à Rin, à défaut de son adresse exacte, le numéro de son arrondissement. Ce dernier marqua une pause dubitative. D'abord elle le traquait à son insu, pour ensuite le rattraper alors qu'il lui avait explicitement demandé de ne pas le suivre, et maintenant … maintenant, elle ne voulait pas qu'il perde son temps avec elle ? Maintenant, elle s'inquiétait de l’importuner ? Dis donc … elle se foutait pas un peu de sa gueule ? Rin se mordit la lèvre inférieure pour réprimer la réplique narquoise qui chatouillait le bout de sa langue. Si la junkie ne souhaitait pas partager cette information personnelle avec lui, soit ; libre à elle de décliner son aide. Ce n'était pas son problème. Mais tout de même, elle aurait pu trouver meilleure excuse que je ne veux pas trop vous déranger. Elle avait clairement besoin d'assistance. Alors pourquoi se rétracter au dernier moment en gardant son adresse secrète ? Elle craignait qu'il débarque chez elle aux douze coups de minuit armé d'une hache et de bâches en plastique ? Qu'il foute le feu à son carton ? Décidément, cette petite nana manquait de bon sens.

Rin pourrait passer des heures à questionner la rouquine. Il pourrait essayer de la comprendre. Il pourrait aussi lui tendre la main, l’aider à s’en sortir, à se repérer dans tout ce foutoir. Ouais. Il pourrait faire tout ça et bien plus encore. Mais ce serait une sacré perte de temps. Et au bout du compte, aucun prix ne viendrait saluer sa performance. Il ne gagnerait, au mieux, qu'une méchante migraine. Le jeu n’en valait pas la chandelle. ç'aurait été beaucoup plus simple avec ton adresse, mais bon, c'est toi qui voit lança finalement l'albinos. Il attendit une petite minute (au cas où elle changerait d’avis) et accueillit son silence avec un haussement d'épaules indifférent. Le treizième arrondissement, donc. Avec des indications aussi vagues, nul besoin d'un gps. Il glissa son portable au fond de sa poche et reprit : tu marches jusqu'à ikebukuro. arrivée là, tu prends la ligne yamanote vers shinjuku, jusqu'à takadanobaba. ensuite, hmmm … ensuite, tu prends la tozai. vers nakano, bien sûr. tu dois en avoir pour une trentaine de minutes à tout casser. Et voilà. Elle avait demandé une direction et Rin avait transmis l’information, en toute sobriété. A présent, plus rien ne justifiait qu’elle le suive. Leurs chemins se sépareraient incessamment sous peu. La jeune femme retrouverait son foyer (un carton probablement. ou peut-être un pont. ou un carton sous un pont, qui sait …) sans se paumer et l’albinos, le confort douillet de son canapé. Il essaierait d’abord de se plonger dans un livre, histoire de décompresser. En définitive, sa soirée ne serait que peu récréative : une interminable pile de dossiers l’attendait sur son bureau. Rin passerait toute cette paperasse au peigne fin et, avec de la chance, il en tirerait un nouvel indice qui le lancerait sur la piste de la marque rouge, ou de la faucheuse, mais pas d’une goule de seconde zone, espérons-le.

Ses yeux ambres s’arrêtèrent sur la junkie et se mirent à cligner bêtement. Elle était toujours plantée, là, immobile. Elle n’avait pas bougé d’un pouce. Mais qu’est-ce qu’elle attendait, cette gourdasse ? c'est par là. la station. souligna l’enquêteur en désignant le coin de la rue de son bras tendu. Et il attendit dans cette position inconfortable, n’arrivant pas à déterminer si a) elle n’avait pas bien compris l’itinéraire b) elle ne l’avait pas écouté ou c) en dépit de ses airs supérieurs, de son mépris manifeste pour sa personne et de son insupportable condescendance, elle appréciait trop sa compagnie pour dégager le plancher. Elle était pitoyable, avec ses longs cheveux roux, cassants et emmêlés, avec son air perdu, et ses yeux verts tantôt absents, tantôt rivés sur lui, des yeux fascinés ; et si les regards intrigués relevaient du quotidien pour l'albinos (à cause de son physique atypique), il ne comprenait pas ce qui la captivait tant, elle. okay. je t'accompagne jusqu'à l'arrêt. annonça Rin, pris d'un soudain élan d'humanité – adouci par la pitié qui l'avait peu à peu gagnée – avant d'ajouter, soupçonneux : dis-moi, tu as de quoi payer ? Le trajet devait se chiffrer à trois cent yens environs, guère plus. C'était peu. Mais avant de traîner la rouquine jusqu'aux quais, autant s'assurer qu'elle avait les moyens de rentrer chez elle. c'est quoi, ton nom ? reprit le jeune homme, soucieux de démarrer une vraie conversation. rin. je m'appelle rin. ajouta-t-il sans lui tendre la main (qu'elle risquerait de serrer). Il pivota sur lui-même et attendit une réponse de sa part pour reprendre la marche.

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Il ne semblait pas vraiment comprendre pourquoi elle désirait tant garder son adresse secrète, mais - au grand soulagement de Gin - il ne posa pas de questions sur la raison de la soudaine retenue dont elle faisait preuve, alors qu'elle l'avait suivi dans les rues du vingt-deuxième pour une raison futile et plus qu'inavouable.

- C'aurait été beaucoup plus simple avec ton adresse, mais bon, c'est toi qui vois.

Elle n'ajouta rien, et resta figée face à lui, son sourire crispé toujours plaqué sur les lèvres. Elle avait peur qu'il pose des questions, si elle répondait à nouveau de manière évasive ; et après avoir passé en revue toutes ses options, elle était certaine qu'elle n'avait aucune adresse à lui donner. Il était trop tard pour lui donner l'adresse d'Anarchy, parce qu'elle ne vivait pas dans le treizième, et un tel revirement la ferait paraître encore plus étrange qu'elle ne le semblait déjà. Et surtout, Gin ne voulait pas prendre le risque de mettre en danger la première personne qui s'était vraiment souciée d'elle, et la seule qu'elle pouvait considérer comme sa famille. Parce que de cet homme, elle ne savait rien, sinon qu'il était humain et doté d'une beauté qu'elle aurait qualifiée de transcendante. Et même si la rouquine aurait aimé être certaine qu'il n'était une mauvaise personne, elle n'en n'avait là aucune preuve, et un manque de prudence pourrait lui jouer des tours. Dans son état de confusion, elle réalisait tout de même qu'elle ne pouvait pas se permettre de baisser sa garde, surtout après une telle scène. Quand il haussa finalement les épaules, elle retint un soupir de soulagement. Elle pouvait encore s'estimer heureuse de ne pas être tombée sur une personne curieuse, et du fait que cet homme semble profondément désintéressé d'elle.

- Tu marches jusqu'à Ikebukuro. Arrivée là, tu prends la ligne Yamanote vers Shinjuku, jusqu'à Takadanobaba. Ensuite, hmmm … ensuite, tu prends la Tozai. Vers Nakano, bien sûr. Tu dois en avoir pour une trentaine de minutes à tout casser.

Hein ? De ses yeux verts, elle l'avait regardé d'un air confus. Et elle avait attendu qu'il ajoute quelque chose. Dans son cerveau embrumé, elle tentait de mettre de l'ordre dans ce qu'elle venait d'entendre, de se remémorer chaque nom, mais c'était peine perdue. Elle abandonna finalement, parce qu'elle ne savait de toute façon pas se rendre jusqu'à la première station qu'il lui avait indiquée. Gin n'avait pas reconnu la moitié des noms de station, et elle n'avait en plus aucune idée de la manière dont elle pourrait se débrouiller dans les transports sans être capable de lire les directions, les plans, les panneaux, rien. Constat qui appuyait encore plus le fait qu'il fallait absolument qu'elle apprenne à lire et écrire, sous peu.
Elle ne savait pas vraiment quoi faire, la rouquine. Elle sentait dans le regard ambré de l'homme qu'il fallait qu'elle parte, qu'elle était supposée avoir compris ce que signifiait le charabia qu'il lui avait balancé à la figure. Mais le fait est qu'elle n'y avait rien compris, et qu'elle restait plantée là, à attendre qu'il ajoute quelque chose qui pourrait peut-être l'aider. Et à mesure qu'elle s'embourbait dans sa propre naïveté - stupidité ? - elle se rendait compte à quelle point le suivre sans penser aux conséquences avait été une terrible idée, aussi magnifique qu'il puisse être.

- C'est par là. La station.

Son regard vert s'était dirigé vers l'angle de la rue qu'il lui indiquait, puis elle avait hoché la tête, en déglutissant difficilement. Il fallait partir. Maintenant. Mais si elle quittait l'homme maintenant, s'en suivrait seulement de longues heures d'errance, jusqu'à ce qu'elle retrouve un quartier connu. Elle n'avait pas envie de marcher à nouveau pendant un temps trop long, sans savoir où elle allait, et en priant pour rencontrer un coin qu'elle reconnaissait au détour d'une rue. Alors Gin espérait encore qu'il accepterait de l'accompagner. Et, même si elle refusait presque de se l'avouer, elle aurait aimé rester un peu plus longtemps en sa compagnie, avant de le laisser disparaître totalement de sa vie. Elle savait que plus jamais elle ne pourrait le revoir, alors elle voulait l'admirer encore un peu. Parce qu'il était comme une apparition, presque irréel.

- Okay. Je t'accompagne jusqu'à l'arrêt.

Son sourire s'élargit alors qu'elle s'inclinait dans un geste presque trop formel pour sa dégaine nonchalante, en bafouillant des remerciements gênés. Elle était aussi gênée que ravie, au fond, de pouvoir faire encore un peu de chemin avec lui sans avoir à se cacher. Gin ne s'attendait pas à une telle patience de sa part, ni même une telle gentillesse - elle l'espérait, cependant. Il avait sans doute seulement hâte de se débarrasser d'elle, et avait réalisé que le seul moyen de ne plus avoir cette rouquine collée aux basques, c'était de la guider jusqu'au treizième, pour être certain qu'elle ne reviendrait jamais.

- Dis-moi, tu as de quoi payer ?

Il avait l'air soupçonneux - qui ne le serait pas, dans une telle situation ? - alors Gin hocha vivement la tête. Dans son sac à dos, elle traînait toujours ses maigres économies, parce qu'elles étaient bien plus en sécurité avec elle que planquée dans un squat qu'elle n'était jamais sûre de retrouver intact en rentrant le soir. Sa paye était sa seule richesse, alors même si elle représentait bien peu de choses, elle ne pouvait se permettre de se la faire voler par une autre goule vagabonde.

- Oui, bien sûr !

Gin se mit à marcher à ses côtés, regardant la rue autour d'elle, recouverte par la neige qui tombait doucement du ciel monochrome blanc.

- C'est quoi, ton nom ? Il marqua une pause. Rin. Je m'appelle Rin

Un instant, elle hésita à lui donner son vrai prénom, dans un nouvel excès de prudence, presque paranoïa. Mais elle ne risquait pas grand chose en lui donnant seulement son prénom, après tout. Il ne lui demandait pas son nom complet, alors il ne lui poserait sans doute pas de problème. Gin se dit qu'il ne posait pas la question par véritable intérêt pour sa personne ou pour son identité, mais plutôt pour entamer une conversation avec elle le temps du trajet jusqu'à la station. Cette demande ne constituait finalement que la politesse élémentaire, alors elle tenta de refréner sa peur irrationnelle d'être démasquée et sa méfiance envahissante. Il n'avait pas l'air bien méchant, et sans doute ne lui voulait-il aucun mal, puisqu'il acceptait de l'aider même si elle l'avait suivi sans raison. Et de toute manière, il s'était interrompu dans la marche, tourné vers elle, visiblement déterminé à connaître son nom avant d'aller plus loin.

- Moi c'est Gin, lâcha-t-elle enfin.

Pendant un instant, elle marcha en silence à ses côtés, peu habituée à faire la conversation avec un inconnu (plus habituée à les suivre à leur insu, visiblement). Elle ne savait pas vraiment quel sujet aborder, avant de se décider à lui poser la question qui lui trottait dans la tête depuis un petit moment déjà.

- Dis-moi, tu fais quoi dans la vie ?

Gin, elle était persuadée qu'il la rassurerait sans le vouloir. Il ne pouvait pas être inspecteur, n'est-ce pas ?



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Lorsqu’elle révéla son prénom, l’albinos hocha la tête en signe d’acquiescement. Gin. Hum-hum. En fait, il n’y avait rien à approuver. C’était, comment dire … un moyen de signaler à la jeune femme qu’il l’avait bien entendue. Parce qu’au fond, qu’elle s’appelle Gin, Giselle, Marie-Thérèse ou Antoinette, il s’en foutait. Il aurait certainement oublié cette information d’ici une heure ; allons bon, deux heures, grand maximum. Il n’allait pas s’encombrer la tête en mémorisant le nom d’une inconnue qui ne recroiserait sans doute jamais son chemin. Mais s’ils devaient rejoindre Ikebukuro dans une ambiance de bibliothèque, muets comme des carpes, le trajet deviendrait très vite insoutenable. Respecter les conventions sociales de temps à autres ne pouvait pas leur faire de mal. Ils avancèrent progressivement dans la rue principale. Sur leur passage, les empreintes des tokyoïtes s’enfonçaient dans la neige. Les flocons se faufilaient dans les cheveux de Rin, invisibles au milieu de toutes ses mèches blanches, et celui-ci jura intérieurement, il aurait du prendre son parapluie. Il soupira, réalisant que dans tous les cas, même s’il avait pensé à en apporter un, les bonnes manières l’auraient forcé à le partager avec la rouquine. Ils se seraient retrouvés serrés tous les deux sous cet abri minuscule, marchant côte à côte, piétinant la neige à petits pas ; ce qui l’aurait rapidement énervé, jusqu’à ce que Rin, exaspéré et vaincu, lui cède son parapluie.

Au bout d’un moment, Gin brisa le silence : dis-moi, tu fais quoi dans la vie ? » demanda-t-elle d’une voix hésitante, et l’inspecteur observa la petite curieuse avec un œil suspicieux. D’ordinaire, il évitait de distribuer des informations gratuites sur son poste. La prudence était de mise avec tous ces monstres qui grouillaient dans la ville comme des insectes et que rien, absolument rien ne différenciait des humains. Après réflexion, il décida que Gin n’était probablement pas une goule. Elle ne correspondait pas à l’image véhiculée par le ccg. Elle ressemblait à … à un petit chien. Oui, à une espèce de chien des rues, un clebs qui n'aurait pas eu la vie facile mais qui, malgré tout, vous regardait avec de grands yeux plein d'admiration en agitant instinctivement la queue, parce qu'il ne comprenait rien à rien, et l'ignorance le rendait heureux. Bien sûr, il avait tort. Bien sûr, c’était très irréfléchi de sa part, de prendre ce risque inutile. Il n’ignorait pourtant pas à quel point, en tant qu’inspecteur, rester sur ses gardes h24 devenait primordial. Ça ne l’empêcha pas de gaffer. je travaille au ccg, à la brigade des goules avoua-t-il. Si la rouquine changea d’expression en apprenant la nouvelle, l’albinos n’en remarqua rien. Est-ce qu'elle n'était un peu plus pâle, tout d'un coup ? Non ? Il poursuivit comme si de rien n'était : ils m’ont mis une novice dans les pattes dernièrement, c’est un vrai cas social celle-là … elle me fatigue … c’est compliqué de travailler avec elle. Très, très compliqué. et épuisant.

Cela sonnait comme une confession. Je prie souvent pour qu’elle se fasse bouffer par une goule voulait ajouter Rin, mais il se ravisa. Ça semblait too much. Même pour un grand cynique dans son genre. La petite Sai le blasait énormément mais pas (encore) au point de désirer sa mort. L’enquêteur glissa une main dans sa chevelure argentée et ôta la neige qui s’amassait sur son crâne. Il resserra le col de son manteau pour lutter contre le froid. et toi, alors ? tu m’as dis que tu livrais quelque chose tout à l’heure ? l’interrogea-t-il ensuite, par politesse, mais sans exprimer de véritable intérêt pour sa réponse. c’était pour ton travail ? ça consiste en quoi ? La rouquine était une junkie, et sa livraison avait un rapport avec la drogue, il en restait convaincu. La justification que Gin apporterait serait assurément un mensonge. Voilà où se situait Rin. Dans un sens, tant mieux pour elle ; ça faisait un inspecteur en moins sur son dos. Ils atteignirent un carrefour et il fit signe à la jeune femme de le suivre ; ils traversèrent ensemble un passage piéton, puis longèrent une ruelle qui débouchait sur une seconde avenue, plus large, où étaient encore suspendues des décorations de noël. On distinguait au loin la ligne du train, ils étaient proches de leur destination.

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Il sembla hésiter un instant à lui livrer une telle information, ce qui aux yeux de la rouquine ne présageait rien de bon. Elle tenta cependant de refréner cette inquiétude totalement irrationnelle. Le fait qu'il veuille cacher son métier ne signifiait par forcément que c'était une colombe, après tout, et Gin avait suffisamment fréquenté les bas-quartiers pour savoir qu'il existait plein de métiers dont les humains n'étaient pas fiers, activités auxquels certains se livraient cependant par nécessité, par désespoir surtout. Il avait l'air bien lisse, pourtant, parfait en tout point. Sa simple apparence laissait imaginer qu'il ne menait pas une vie du genre débraillée, à traîner dans des coins douteux en se livrant à des activités illicites. Non, ce n'était sûrement rien, juste son esprit trop habitué à la prudence qui l'incitait à analyser le moindre geste, le moindre mot de ses interlocuteurs, et à vivre avec l'effroi d'un jour être découverte - ou pire encore, trahie. Gin, elle préférerait que le faux-pas vienne d'elle plutôt qu'une de ses connaissances ne la dénonce. La rouquine n'était pas du genre à accorder facilement sa confiance, bien au contraire. Mais elle n'en était pas moins naïve, étrangement, capable de vouer une confiance aveugle à ceux qui trouvent les mots. Ou même, incapable de ne pas voler trop près du soleil, incapable de cesser de fréquenter ceux qui lui sont néfaste à partir du moment où elle développe un certain intérêt pour ces personnes. Un jour, cela lui sera fatal. Elle espérait seulement que cet homme qu'elle avait admiré éperdument ne représenterait pas un danger pour elle. De toute façon, elle ne le reverrait jamais. Elle n'avait pas des problèmes au point de chercher à le retrouver pour l'épier, aussi folle qu'elle puisse paraître, ainsi se rendait-elle compte que les adieux qu'elle lui ferait en arrivant à la station seraient définitifs. Elle ne risquait rien avec lui.

- Je travaille au CCG, à la brigade des goules.

Gin leva vers lui ses yeux verts, tentant désespérément de masquer la peur qui lui torpillait les entrailles, de réprimer le long frisson qui parcourait son échine à cette simple déclaration. Elle aurait été prête à entendre n'importe quoi, mais ces mots-là, ils sonnaient comme une menace latente qu'il n'avait même pas conscience d'avoir proférée. Ennemis héréditaires, ils marchaient là, côte à côte sous la neige, comme s'il s'agissait de la chose la plus naturelle au monde. Comme si pour une fois, elle était née du bon côté, et pas du côté des bêtes, des marginaux.
La rouquine palissait à vue d’œil, mais Rin ne semblait pas y prêter attention. Il n'avait rien deviné de sa véritable nature, sa carrure frêle et son air de proie apeurée tranchant sans doute avec l'image que renvoyaient les goules qu'il chassait habituellement. Qu'il exécutait. S'il avait, oh, s'il savait.
Jamais, elle ne devait venir chasser ici. Elle voulait se l'interdire, bien qu'elle sache pertinemment qu'une fois soumise à la démence, elle ne contrôlerait plus grand chose, et certainement pas le lieu où sa proie la mènerait. Mais elle serait désolée, tellement désolée de devoir le rencontrer à nouveau en tant qu'ennemi, elle serait tellement désolée de devoir tâcher de rouge cette blancheur immaculée. Souiller cette peau claire, ces cheveux opalescents. Elle s'en voudrait tellement.

- Ils m’ont mis une novice dans les pattes dernièrement, c’est un vrai cas social celle-là … elle me fatigue … c’est compliqué de travailler avec elle. Très, très compliqué. Et épuisant.

Se ressaisir. Il fallait se ressaisir. Ne rien laisser paraître. Que fallait-il dire dans ce genre de circonstances ? Que dit un humain à un inspecteur quand il en rencontre un ? Gin ne voulait pas répondre par un silence de mort, de peur qu'il ne s'aperçoive de ce brusque changement d'humeur alors qu'elle avait initié la question.

- C'est vraiment impressionnant ! Je ne sais pas si j'aurais le courage de chasser des goules, vraiment, lâcha-t-elle en fronçant légèrement les sourcils.

Une grande actrice ? Elle n'en était pas une. Elle espérant cependant que cela suffirait pour qu'il ne se pose pas de questions à son sujet. Ce grand désintérêt qu'il lui montrait était finalement une bénédiction pour elle, puisqu'il ne s'interrogerait pas sur ses réponses, ses expressions ; et ne décèlerait sans doute pas cette inquiétude qu'elle tentait de camoufler.

- J'imagine que c'est difficile, de toujours travailler en équipe, ajouta-t-elle avec un sourire.

Pendant un instant, elle n'ajouta rien, se préparant au fait qu'en toute logique, il lui retournerait la question, au moins par pure politesse. Elle avait déjà sa réponse toute prête pour ce genre de situation, parce qu'elle ne comptait pas dire à n'importe qui qu'elle travaillait - illégalement - dans une boutique de masque. Et surtout, ce n'était pas le genre de chose à dire à un inspecteur de la CCG, d'autant qu'il ne semblait porter sur elle aucun soupçon par rapport à sa vraie nature. Gin ne pouvait pas, maintenant, commettre un tel faux pas alors qu'elle avait jusqu'ici, sans vraiment y songer, réussi à se faire passer pour une simple humaine un peu paumée. Elle n'allait pas maintenant céder à la panique et tout compromettre. Parce que s'il n'était qu'un simple humain, elle ne risquerait finalement pas grand chose. Elle aurait toujours pu s'enfuir, et il n'aurait rien fait pour la retrouver. Mais elle était face à un inspecteur, et pas d'un grade inférieur, visiblement, qui lui saurait agir en conséquence, d'autant qu'il savait désormais qu'elle vivait - et donc chassait - dans le treizième.

- Et toi, alors ? Tu m’as dis que tu livrais quelque chose tout à l’heure ? C’était pour ton travail ? Ça consiste en quoi ?

Distraitement, elle le suivait à travers les rues, réfléchissant à la réponse qu'elle pourrait apporter. Ne pas être trop évasive, ni trop précise, répéter son speech habituel bien préparé, mesuré pour qu'on évite de lui poser d'autres questions qui pourraient s'avérer gênantes. Bien que quoi qu'elle réponde à Rin, il ne chercherait sans doute pas à fouiller plus loin, à son grand soulagement. Gin leva les yeux vers les décorations de Noël encore suspendue, la détournant un instant de la réponse qu'elle voulait apporter. Elle pressa le pas pour marcher de nouveau à sa hauteur, et répondit en levant les yeux vers lui.

- Je travaille dans l'art, commença-t-elle. Enfin je veux dire, je peins un peu, je sculpte aussi. Je livrais une de mes peintures, tout à l'heure, quand je me suis perdue.

La rouquine lui sourit, un peu plus détendue à l'idée qu'il n'imaginait même pas qu'elle puisse être une goule. De plus, ils semblaient proche de la station, alors il y avait, à ses yeux, peu de chance qu'il découvre son identité dans le court laps de temps qu'il leur restait. Ainsi, bien qu'elle soit désolée de le quitter pour le plus jamais le revoir, elle éprouvait tout de même un certain apaisement. Un instant, Gin se dit qu'elle aurait aimé qu'il soit une goule, pour pouvoir lui parler sans risque, le connaitre un peu plus. Elle aurait aimé pouvoir lui faire un masque, parce qu'à ses yeux il représentait une source d'inspiration inépuisable. Elle chassa ces pensées absurdes. Ils étaient nés dans des mondes différents, et non content d'être une proie, il était devenu son ennemi naturel. C'était inutile de chercher à refaire le monde à travers des rêves éveillés.


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space dementia in your eyes.
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there was a boy, a very strange enchanted boy ✱ rin & gin

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